« Grafted » de Sasha Rainbow : un film d’horreur qui a l’intensité éclaboussante d’un Categorie III

Le prologue de Grafted est rempli de promesses qui, si elles sont tenues, inviteront à applaudir des deux mains. Dans un laboratoire improvisé à Hong Kong, un chercheur au visage marqué par une tache de naissance travaille sur un projet de greffe de peau qui devrait révolutionner la chirurgie esthétique. Il ne lui manque que la formule du tissu conjonctif, mais sa dernière tentative est un ratage sanglant, et il meurt sous les yeux de sa fille Wei. La fiction est solide, jusque dans ses implications sur la tyrannie de l’apparence, telles que développées dans The substance, mais c’est le traitement qui impressionne : la réalisatrice Sasha Rainbow, pour son premier long métrage, assume sans aucune inhibition sa volonté de réaliser un film d’horreur, et sa description d’une expérience qui tourne mal a l’intensité éclaboussante d’un Catégorie III. Bienvenue!

Quelques années plus tard, lorsque Wei débarque chez sa tante en Nouvelle-Zélande, elle a l’intention de poursuivre à l’université l’œuvre de son père, dont elle a hérité une tache sur le visage, ainsi que son carnet de notes. Mais elle se heurte à une quantité d’obstacles, à commencer par les préjugés de race et de sexe qui déterminent des rapports de domination.

Sasha Rainbow met l’accent sur les codes en vigueur dans ce genre de mini-société féminine fortement hiérarchisée, et qui rappelle des films comme Heathers ou Mean girls. Elle évoque aussi la prédation dont les étudiantes sont elles-mêmes victimes, notamment de la part du prof qui choisit ses esclaves sexuelles et cherche à s’approprier le projet scientifique de Wei.

De son côté, Wei incarne une personnalité fragile et irrésistiblement attachante que les circonstances vont pousser à commettre des actions déplorables, et là, on rejoint le territoire de Frank Henenlotter. Sans entrer dans les détails, Wei va opérer plusieurs changements d’identité en utilisant des procédés d’ordre épidermique, ce qui n’implique nullement que ses motivations manquent de profondeur. On pourrait discuter longtemps sur les mérites de Grafted avec d’autres films comparables, mais la véritable question est simple : les promesses sont-elles tenues ? Oui, sans aucun doute.

5 novembre 2025 en salle | 1h 36min | Epouvante-horreur
De Sasha Rainbow | Par Mia Maramara, Lee Murray
Avec Jess Hong, Mark Mitchinson, Jared Turner

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