« Megalopolis » de Francis Ford Coppola en route pour Cannes?

C’est sûrement le film le plus attendu de l’année. Megalopolis, la superproduction autofinancée par Francis Ford Coppola (120 millions de dollars de budget récupérés par la vente d’une partie de son activité lucrative de vigneron), imaginée il y a plus de 20 ans, a été projeté ce jeudi soir à Los Angeles, au CityWalk IMAX d’Universal, devant un public restreint de 300 personnes composé de proches du cinéaste, mais également de distributeurs et de critiques de cinéma. Après un tournage rocambolesque (des rumeurs de fiasco, des départs de techniciens, etc.), dans la plus pure tradition du réalisateur d’Apocalypse Now, Megalopolis existe bel et bien, monté, avec un début, une fin et un générique, soit 2h13 de film.

On en sait un peu plus sur le scénario de Megalopolis à la suite de sa présentation. On savait qu’il porterait sur la reconstruction d’une sorte de New York du futur après une catastrophe (l’influence du 11 septembre 2001), et qu’il convoquerait des références romaines et mythologiques. On apprend désormais que le film met en scène la confrontation entre César (Adam Driver), un idéaliste architectural, et son ennemi juré, le maire de la ville Frank Cicero (Giancarlo Esposito). Une opposition entre deux visions: l’un veut embrasser l’avenir et construire une utopie avec des matériaux renouvelables, l’autre adopter une stratégie de reconstruction conservatrice, en employant des moyens de corruption afin d’affirmer son pouvoir. Entre ces deux hommes se trouve Julia (Nathalie Emmanuel), la fille mondaine du maire, jeune femme agitée qui a grandi proche du pouvoir et qui cherche un sens à sa vie. Au casting, on retrouve également Jon Voight, Laurence Fishburne, Aubrey Plaza, Shia LaBeouf, Chloe Fineman, Kathryn Hunter, Dustin Hoffman, D.B., Sweeney, Jason Schwartzman, Baily Ives, Grace Vanderwaal and James Remar.

Megalopolis serait courtisé par les plus gros festivals au monde: Cannes, Venise, Telluride et Toronto. Coppola et son producteur Barry Hirsch ont annoncé qu’ils ne prendraient aucune décision tant qu’ils n’auront pas signé de contrat avec un distributeur et qu’un plan de déploiement ferme du film n’ait été mis en place. Une première à Cannes n’est donc pas encore compromise, et pourrait être une rampe de lancement pour le film, comme pour Killers Of The Flower Moon l’année dernière, autre blockbuster d’une ex-sommité du Nouvel Hollywood. À 84 ans, après avoir consacré plus de deux ans de sa vie à la production du projet, et plus de 20 ans à sa conception, sans compter la perte de poids (35kg) qu’il s’est imposé pour avoir l’énergie et la santé nécessaire afin de mener le film à son terme, Francis Ford Coppola ne veut pas parler de fin de carrière. Le cinéaste a en effet déclaré à Deadline qu’il avait déjà commencé à travailler sur un nouveau film. Quelque chose de moins «épique» que Megalopolis, mais certainement pas «bon marché». M.B.

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