Parce que L’Étrange Festival reste LA manifestation cinéphile la plus importante de l’année pour la rédaction comme pour les lectrices et les lecteurs de ce site, voici une sélection de séances qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte pour cette 31ᵉ édition, qui se déroulera du 2 au 13 septembre au Forum des images. Et comme on est trop sympas, on vous les a classées par ordre chronologique de projection.

The Forbidden City de Gabriele Mainetti
Histoire: À Rome, une jeune Chinoise recherche frénétiquement sa sœur. Elle rencontre le fils d’un restaurateur endetté qui attend son père, lui aussi disparu. Ces deux âmes séparées par la langue et le tempérament vont apprendre à se connaître pour lutter ensemble contre la pègre.
Pourquoi il faut le voir: Gabriele Mainetti s’était fait connaître avec On l’appelle Jeeg Robot, un premier film qui portait avec succès un regard très personnel sur la figure du super héros à travers le parcours d’une sorte de cousin éloigné du joker. Avec Freaks out, il a poursuivi dans la même veine (à condition de préciser qu’il s’agit moins de super héros que de personnages dotés de superpouvoirs) en la situant dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Le résultat était un divertissement foisonnant, visionnaire, mouvementé, rempli de conflits, de sexe et de violence, porté par une ambition inédite dans le cinéma italien depuis des décennies. Autant que ce film d’ouverture de L’étrange a une sacrée belle gueule.
C’est projeté quand? 2 septembre à 18h45

Bulk de Ben Wheatley
Histoire : La voiture dans laquelle se réveille Corey le conduit vers une maison inconnue. Mais qu’attendent de lui cette scientifique et celui qu’il prend pour un ex-flic ? Sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent ? Et lui, est-il vraiment journaliste ? La réalité, fragile, menace de s’évanouir à chaque instant.
Pourquoi il faut le voir : On a un peu perdu de vue le réalisateur de l’excellent Kill List et on est ravi de le retrouver aux commandes d’un film de chaos mental qui s’annonce aussi expérimental que secret.
C’est projeté quand? 5 septembre à 19h15 et 6 septembre à 14h30

The island de Po-chih Leong
Histoire: Cette île isolée était supposée être déserte ! Mais le voyage de M. Cheung avec ses étudiants va tourner au cauchemar lorsqu’il découvre ses dangereux habitants : trois frères psychopathes et une maman démente forment une sympathique famille unie dans le crime.
Pourquoi il faut le voir: Un film d’horreur peu vu par le réalisateur de l’excellent La sagesse des crocodiles, avec Jude Law en vampire (c’était en 2000). Une rareté comme seul L’étrange festival est capable de trouver.
C’est projeté quand? 6 septembre à 16h45

Une femme dans une cage de Walter Grauman
Histoire: Coincée dans son ascenseur de maison et immobilisée par sa hanche brisée, une femme est terrorisée par les intrus qui viennent la cambrioler…
Pourquoi il faut le voir: Pour peu que vous ayez trainé dans les forums de cinéphile au début des années 2000, c’est un film introuvable qui revenait tout le temps dans les discussions et qui se partageait comme un secret entendu entre amoureux du cinéma. C’est l’occasion (trop rare) de le voir sur grand écran. Et l’on parie que David Fincher l’a vu pour son Panic Room.
C’est projeté quand? 8 septembre à 14h30

La tour de glace de Lucile Hadzihalilovic
Histoire: Dans les années 1970, une actrice joue le rôle principal de l’adaptation de La Reine des neiges d’Andersen. Jeanne, une jeune orpheline ayant trouvé refuge dans le studio du tournage, va nouer une troublante relation avec elle. Le conte semble devenir une réalité… mais à quel prix ?
Pourquoi il faut le voir: Parce que nous l’avons déjà vu et que c’est une merveille, peut-être même le meilleur film de la réalisatrice d’Innocence. Foncez le voir les yeux fermés et ouvrez-les grands : c’est du grand cinéma chaos.
C’est projeté quand? 8 septembre à 19h.

Cadet de Adilkhan Yerzhanov
Histoire: Accompagnant sa mère venue enseigner dans une école militaire très stricte, un jeune garçon subit le harcèlement et les coups de ses camarades, avant d’adopter lui-même un comportement inquiétant…
Pourquoi il faut le voir: Encore un sujet 100% noir pour le prolifique réalisateur kazakh Adilkhan Yerzhanov auquel L’étrange festival est très fidèle et qui poursuit son beau chemin après Assaut et Steppenwolf.
C’est projeté quand? 8 septembre à 21h45 et 11 septembre à 21h30

Cafe Flesh de Stephen Sayadian
Histoire: Après l’apocalypse nucléaire, l’humanité est partagée en deux groupes : les Positifs, qui ont conservé leur faculté de faire l’amour, et la grande majorité, les Négatifs, impuissants, qui se contentent de regarder les Positifs, seule manière de prendre du plaisir.
Pourquoi il faut le voir: Du porn post-nuke pop-art au fond politique. Et ça marche: ce beau cauchemar érotique où le bleu est une couleur chaude, tourné en onze jours dans un petit studio au cœur de Los Angeles avec 100.000 dollars grâce à l’argent des peep-shows et dans des conditions WTF (électricité illégalement branchée pour alimenter l’équipement, figurants recrutés à l’arrache dans une banque de sang et une clinique de méthadone – c’est Sayadian qui le dit!), remplit pleinement son objectif d’être le plus grand cabaret de notre monde en ruines, entre distanciation et érection.
C’est projeté quand? 8 septembre à 22h.

Fatal Games de Michael Lehmann
Histoire : Veronica, une lycéenne qui essaie de s’intégrer tout en détestant la stupidité de ses congénères, rencontre J.D., un rebelle qui va dynamiter son rapport au jeu social en « suicidant » les ados les plus bêtes et les plus populaires. Malheureusement, une fois morts, ils deviennent moins bêtes et encore plus populaires.
Pourquoi il faut le voir: Winona Ryder avant Edward aux mains d’argent. Christian Slater avant Pump up the volume. Shannen Doherty avant Beverly Hills 90210. C’est Fatal Games, le dark comme on l’aime quelques années avant Nowhere, May et Donnie Darko.
C’est projeté quand? Le 9 septembre à 14h45

Docteur Jekyll et les femmes de Walerian Borowczyk
Histoire : Dans le Londres du dix-neuvième siècle, un maniaque sexuel s’introduit dans la cérémonie de fiançailles d’Henry Jekyll et de Fanny Osbourne, transformant l’événement en chaos de chair et de sang.
Pourquoi il faut le voir: La beauté de Marina Pierro, muse tardive du réalisateur, impatiente dans son corsée débordant; la musique bizarroïde de Bernard Parmegiani; l’incroyable photo d’un autre temps de Noël Very; la silhouette ultra-flippante de Gerard Zalcberg (peut-être un des meilleurs Mister Hyde vu au cinéma) et toutes les scènes purement fantastiques. À la décoction habituelle, Jekyll se transforme en se prodiguant des bains chimiques, donnant lieu à des scènes de transe humides et hypnotiques. Dans ce climat de terreur sexuel, le personnage de Miss Osbourne connaîtra également les joies de visiter son côté obscur, donnant lieu à une scène finale d’amour fou comme en rêvaient les surréalistes.
C’est projeté quand? 9 septembre à 15h15

Les diables de Ken Russell
Histoire: Loudun, XVIIe siècle. L’Abbé Grandier tente de protéger la ville de l’emprise grandissante du cardinal Richelieu. Accusé de sorcellerie par une sœur Jeanne luttant contre les démons de sa sexualité, Grandier est arrêté. Alors que l’hystérie s’étend au-delà du couvent, son procès commence.
Pourquoi il faut le voir: Au meilleur de sa filmographie dont la qualité a considérablement baissé à partir des Jours et Nuits de China Blue (1984), Ken Russell a signé ce film hallucinant à fort goût de diéthylamide qui s’inspire du roman «Les Diables de Loudun – Étude d’histoire et de psychologie» de Aldous Huxley, à partir de la véritable histoire de l’abbé Urbain Grandier. Chef-d’œuvre chaos absolu, total, définitif. Pardon pour les autres, mais s’il n’y a qu’un film à (re)voir, c’est celui-là.
C’est projeté quand? 9 septembre à 21h45



