Etrange Festival 2024: les 15 séances indispensables de cette 30e édition

Parce que L’Étrange Festival reste LA manifestation cinéphile la plus importante de l’année pour la rédaction comme pour les lectrices et les lecteurs de ce site, voici une sélection de séances qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte pour cette 30ᵉ édition-anniversaire, qui se déroulera du 3 au 15 septembre. Et comme on est trop sympas, on vous les a classées par ordre chronologique.


Schirkoa: in lies we trust de Ishan Shukla
Histoire: Schirkoa: une utopie « idéale » où les citoyens portent tous des sacs en papier sur la tête pour effacer toute différence. Tous égaux, tous pareils. Jusqu’au jour où la rumeur d’un pays mythique sans sacs commence à s’étendre…
Pourquoi il faut le voir: Selon Gérard Delorme, c’était l’un des meilleurs films présentés lors de la dernière édition du NIFFF. Soit une bizarrerie incroyable, qui séduit dès la première vision par son traitement visuel aussi riche et extravagant qu’habilement conçu. On en reparlera bientôt sur le site avec son réalisateur.
C’est projeté quand? 4 septembre à 19h15 et 6 septembre à 22h


L’inconnu & Freaks, la monstrueuse parade de Tod Browning
Histoires: Dans L’Inconnu, Tod Browning s’attache à un lanceur de couteaux qui travaille dans un cirque sous le nom de scène de «L’homme sans bras». Des bras que l’homme a toujours, mais qu’il dissimule pour le spectacle. Sa partenaire ne supportant pas les mains des hommes, il décide de se les faire amputer. Cinq ans après L’inconnu, Tod Browning sonde avec Freaks les méandres du cirque de La Monstrueuse Parade, troupe d’artistes démembrés, siamoises, hermaphrodites, hercules et autres phénomènes. Hans, un nain fraîchement fiancé à la lilliputienne Frieda, s’éprend de Cléopâtre, la grande et séduisante trapéziste qui se joue de lui devant le regard atterré de Frieda. Mais la victoire n’appartient peut-être pas à ceux qui arborent leur arrogante normalité…
Pourquoi il faut le voir: Si vous trainez sur ce site, c’est que vous les avez très probablement déjà vus, et c’est dans ce cas l’occasion de les revoir sur grand écran. Si vous ne les avez pas, quelle chance incroyable. C’est la possibilité exceptionnelle de découvrir ce qui restera à jamais comme deux des plus beaux, des plus grands, des plus fous films de l’histoire du cinéma. Du cinéma unique, d’une grande intelligence et d’une grande puissance émotionnelles.
C’est projeté quand? L’inconnu, c’est le 5 septembre à 19h15. Freaks, c’est le 7 septembre à 17h45.


The Doom Generation de Gregg Araki
Histoire: Après une soirée festive bien arrosée, Jordan White et Amy Blue prennent malgré eux en auto stop Xavier, aussi séduisant que dangereux. Après le meurtre « accidentel » d’un caissier par ce dernier, ils s’enfuient. C’est le début d’une cavale effrénée, sanglante et charnelle.
Pourquoi il faut le voir: Pour le simple plaisir de (re)voir ce classique chaos sur un grand écran, second volet d’une trilogie de l’apocalypse adolescente après Totally F***ed Up et avant Nowhere. Un film Nine Inch Nails. En son temps, un choc.
C’est projeté quand? 5 septembre à 16h30


Duel à Monte Carlo Del Norte de Bill Plympton
Histoire: Dans les années 50, la ville forestière de Sourdough Creek est dirigée par un affreux maire corrompu, qui a décidé d’installer une résidence de luxe dans ce petit coin de paradis. Arrive, la guitare en bandoulière, un cowboy solitaire venu de nulle part…
Pourquoi il faut le voir: Parce qu’on est heureux d’avoir des nouvelles de ce cartoonist hors pair qui nous avait parlé de ce long métrage le temps d’une interview-carrière en mars 2023.
C’est projeté quand? 6 septembre à 19h30


Maldoror de Fabrice du Welz
Histoire: 1995. La quête obsessionnelle d’un jeune gendarme insoumis, en pleine guerre froide entre polices belges, alors que deux jeunes filles enlevées demeurent introuvables.
Pourquoi il faut le voir: Parce que, pour le réalisateur de l’inoubliable Calvaire, réalisé il y a 20 ans et présenté il y a exactement 20 ans à L’Étrange Festival, il se profile quelque chose de l’ordre du film-somme émouvant dans ce Maldoror. Au-delà du sujet dense et en soi captivant, il s’agit aussi de la réunion de tous les acteurs avec lesquels Du Welz a tourné depuis ses débuts (Alba Gaia Bellugi, Laurent Lucas, Béatrice Dalle…).
C’est projeté quand? 6 septembre à 21h15 et 15 septembre à 14h30.


Body Odyssey de Grazia Tricarico
Histoire: L’existence de Mona, culturiste de 45 ans, n’est que recherche frénétique de perfection et de beauté, avec pour but cette transformation ultime en un autre être, idéal pour elle, monstrueux dans le regard des autres. Il suffira d’une seule aventure sexuelle avec un homme plus jeune qu’elle pour que sa quête soit bouleversée…
Pourquoi il faut le voir: Parce que cette quête de beauté et de perfection d’une bodybuildeuse fait partie de ces étrangetés que l’on peut voir que dans un festival comme L’Étrange Festival. De nos jours, c’est rare et c’est précieux.
C’est projeté quand? 6 septembre à 21h30 et 15 septembre à 21h45


Ichi The Killer de Takashi Miike
Histoire: Un chef yakuza est soupçonné de s’être enfui avec une somme considérable. Son bras droit sadique et masochiste, persuadé que son patron a été enlevé, le recherche en torturant tout ce qui bouge. Les soupçons vont vite se porter sur l’ingénu Ichii…
Pourquoi il faut le voir: Parce que ceux qui s’y sont frottés ne l’ont pas oublié. Avec Audition, Ichi the killer reste probablement ce que le réalisateur Takashi Miike a signé de plus « estampillé culte » jusqu’ici dans sa prolifique et son imposante filmographie. Soit une vraie relecture dépravée du film de yakuzas qui part dans tous les sens, à tel point que l’on a besoin de rassembler ses esprits pour établir une ligne claire sur ce que nous avons vu.
C’est projeté quand? 7 septembre à 21h15


Steppenwolf de Adilkhan Yerzhanov
Histoire: Suite à l’enlèvement de son fils par des trafiquants d’organes, en pleine guerre civile, une jeune femme est contrainte d’accepter les services du «Loup des steppes », un ex-détenu aux méthodes sadiques… y compris sur elle.
Pourquoi il faut le voir: À première vue, il y a du Aki Kaurismäki et du Takeshi Kitano chez le Kazakh Adilkhan Yerzhanov. Mais son style n’appartient qu’à lui. L’Étrange Festival le suit depuis ses débuts et ce film-ci fait incontestablement partie de ses meilleurs. Le réalisateur Simon Rieth l’a dernièrement cité dans sa sélection de films chaos.
C’est projeté quand? Le 8 septembre à 19h15 et le 15 septembre à 17h30


La légende de la sirène de Toshiharu Ikeda
Histoire: Un pêcheur témoin de malversations d’industriels est assassiné. Folle de douleur, Migawa, son épouse pêcheuse de perles, n’a désormais qu’un seul objectif: les tuer tous, un à un.
Pourquoi il faut le voir: Avant un Evil Dead Trap mythique, partouze béante de slasher cracra et de giallo barbare qui le fera connaîtra un peu partout, Ikeda était sorti du giron du roman-porno pour s’essayer au thriller horrifique avec Scent of a Spell ou Cursed Village in Yudono Mountains. Parangon de ce petit marathon, le très aqueux Mermaid Legend, honteusement jamais sorti de son île et qu’il est possible de découvrir sur grand écran à L’Etrange.
C’est projeté quand? 11 septembre à 15h30 et 14 septembre à 21h


L’île de Kim Ki-Duk
Histoire: Dans l’intention de mettre fin à ses jours, Hyun-shik, qui vient d’assassiner sa femme et son amant, se réfugie dans un îlot de pêche dans lequel vit la belle et mystérieuse, Hee-jin. Intriguée par la souffrance de cet homme, elle va s’attacher à lui. Commence alors une relation charnelle entre les deux âmes perdues.
Pourquoi il faut le voir: Au-delà des références mythologiques et psychanalytiques (le lac représentant le secret et le monde des abysses – les abysses observant les humains), L’île demeure ce ravissant malaise en Corée, carburant à l’énergie primitive. Où tout passe par le regard, les gestes. Où le sadomasochisme physique et cérébral est la seule façon d’exprimer un état d’âme, une pulsion, un trouble intermittent, un besoin vital. Pour faire simple, ça raconte la douce romance SM entre une femme et un homme perdus, coupables et beaux au royaume des limbes.
C’est projeté quand? 12 septembre à 19h30


Else de Thibault Emin
Histoire: L’apocalypse n’est plus très loin. Une épidémie sévit dehors: il suffit d’un seul regard pour que les êtres vivants soient contaminés, ce qui les condamne à fusionner avec les choses, à se confondre avec les objets. Et pourtant, un couple vient de se créer, et ils s’aiment, confinés dans un appartement… en attendant le pire.
Pourquoi il faut le voir: Parce que c’est la version longue d’un court aussi romantique qu’étrange et que si le long est à la hauteur du scénario lu pendant la sélection de l’aide au film de genre du CNC fin 2018 (à laquelle nous avions participé), il a tous les atouts pour devenir un classique instantané.
C’est projeté quand? 12 septembre à 21h30 et 13 septembre à 14h


My Left Eye Sees Ghosts de Johnnie To & Wai Ka-fai
Histoire: Après la mort de son mari qui la laisse riche héritière d’une entreprise, une jeune femme survit à un accident de voiture. Mais désormais son œil gauche voit les fantômes, dont celui d’un ancien camarade de classe.
Pourquoi il faut le voir: Entre humour, horreur et romantisme, une démonstration de l’incroyable éclectisme du duo Johnnie To et Wai Ka-fai.
C’est projeté quand? 12 septembre à 21h45 et 14 septembre à 14h15


Tusk de Alejandro Jodorowsky
Histoire: En 1911, dans le Sud de l’Inde, Elise, petite fille britannique privilégiée, et Tusk l’éléphant naissent le même jour. Leurs destins vont être liés à jamais..
Pourquoi il faut le voir: Parce que le panique Alejandro Jodorowsky présentera la director’s cut et la restauration d’un film-maudit qu’il n’a jamais porté dans son cœur. À voir pour voir s’il a réussi à le guérir en film-miracle.
C’est projeté quand? 13 septembre à 19h


Le voleur et le cordonnier de Richard Williams
Histoire: Un conte à la manière des mille et une nuits mettant en scène un cordonnier sans-le-sou et un voleur malchanceux.
Pourquoi il faut le voir: Parce que cette parodie de conte des Mille et une nuits qui devait changer à jamais la face du cinéma d’animation est sorti dans deux versions remontées sans l’accord de son créateur. Et que l’on peut désormais redécouvrir ce vrai film rare ciselé pendant trente-cinq ans dans une version nouvelle par une légende de l’animation, auteur des génériques aux couleurs pop de Quoi de neuf Pussycat? (1965) et Casino Royale (1967) et directeur de l’animation de Qui veut la peau de Roger Rabbit? (1988).
C’est projeté quand? 13 septembre à 21h30

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