Etrange Festival 2024: « Devo » de Chris Smith, l’histoire du groupe le plus bizarre de l’art rock

Excellente surprise que ce documentaire consacré à Devo, l’un des groupes américains les plus originaux et novateurs des années 70. S’ils ont signé une bonne poignée de titres inoubliables, leur histoire se perd un peu, et ce film vient à point pour la retracer en profondeur à l’aide d’une quantité d’informations souvent inédites. Le groupe a été formé par Mark Mothersbaugh et Jerry Casale, deux étudiants en art de l’université de Kent state, qui se sont radicalisés après avoir assisté à la sanglante manifestation anti Vietnam de 1970 (4 étudiants tués par la garde nationale). Effarés par le spectacle d’une société dégénérée, ils ont conçu l’idée de De-evolution et l’ont bâtie à coups d’artefacts empruntés à la sous-culture pop et psychotronique, depuis un prospectus datant du début du XXᵉ siècle auquel ils ont emprunté le patronyme Jocko Homo, jusqu’à L’île du docteur Moreau et ses animaux humains qui demandent: «Are we not men?».

De là, ils ont trouvé que la meilleure façon de diffuser leur message satirique était la musique, qu’ils ont élaborée sous forme d’art-rock déconstruit et agrémenté de textes surréalistes au contenu subversif, souvent incompris. Même s’ils n’ont rien à voir avec les punks, la découverte des Ramones a été pour eux une révélation: en accélérant le tempo, leurs morceaux prenaient d’un coup une dimension différente, et le succès est arrivé. La suite est à la fois plus banale et un peu triste, parce qu’elle suit la logique du business et de ses aléas. Il y a d’ailleurs une certaine ironie à ce que le film soit produit par Warner, qui avait signé le groupe avant que les relations tournent au conflit. Devo s’est dissous, mais Mothersbaugh et Casale ont rebondi en écrivant des BO pour le cinéma.

1h 35min | Documentaire, Musical

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