Nos amis de Spectrum continuent de mettre en lumière des cinéastes chaos qui ne l’ont pas assez été en France. C’est le cas de Sogo Ishii, réalisateur des bien-sortis-en-France Crazy Family (1984) et Le Labyrinthe des passions (1997) mais dont nous avions pu découvrir le travail de façon plus exhaustive et plus immersive en 2004 lors d’une édition à L’étrange festival (eh oui, toujours eux, les meilleurs). On se remémore notamment une projection de Burst City (1982), le manifeste cyberpunk crachant un cinéma inédit ayant influencé l’œuvre de Shinya Tsukamoto (inoubliable Tetsuo en 1989) et d’une performance musicale en direct menée par Hiroyuki Onogawa et Sogo Ishii en personne. On s’en souvient comme si c’était hier tant c’était mémorable.
Voici donc ce cher Sogo Ishii à l’honneur dans un Blu-ray en 2023, réunissant deux de ses films: Electric Dragon 80000V (2000) et Crazy Thunder Road (1980). D’un côté, le survolté Electric Dragon 800000V, on suit Dragon Eye Morrison foudroyé par un arc électrique en gravissant un pylône à haute-tension. Après avoir survécu aux 80000 volts ayant parcouru son corps, il devient un foyer d’électricité vivant. Adulte, il réussit à contrôler l’énergie de son corps qu’il doit évacuer dans des sessions de guitare furibardes. Pendant ce temps dans la ville, un justicier, communiant lui aussi avec l’électricité depuis un accident de jeunesse, se révèle en exécutant des yakuzas. Leur rencontre est inévitable. De l’autre, le non moins Crazy Thunder Road, qui se situe aux alentours de la ville nommée Illusion, près d’une autoroute traversant le Japon. Et sans surprise, comme nous sommes chez Sogo, deux bandes de motards s’affrontent. Après la défaite de son gang, le chef des anarchistes, qui a perdu une main au passage, coupe tous les ponts. Mais lorsque ses anciens amis deviennent membres d’un parti d’extrême droite qui cherche à rétablir ordre et autorité au Japon, il se rebelle et prend les armes. C’est du cinéma traduisant une énergie noire, sans usage ni but. L’autodestruction restait toujours à l’horizon. Elle n’était pourtant pas fatale.
Bonus: masters approuvés par Sogo Ishii, interview de Sogo Ishii, commentaire audio de Tom Mes, essai vidéo de Jasper Sharp sur le Jishu Eiga, Sogo Ishii par Yves Montmayeur, Conférence de presse, interview du producteur Takenori Sento, séquences commentées, dossier de presse original de 1980 et bande-annonces. |

