Notre mémoire n’est-elle qu’une fiction? Ou un mythe? Révélation du dernier Festival d’Annecy, le court métrage Electra de Daria Kashcheeva, est à découvrir de toute urgence.
C’est l’histoire d’Electra qui repense à son dixième anniversaire, mêlant souvenirs, rêves et fantasmes cachés. Elle a idéalisé son père et s’est rebellée contre sa mère. En grandissant, elle s’est enfermée dans son univers fantasque plutôt que de chercher à construire de véritables relations. Elle a développé, au fil des années, une étrange vision déformée de la beauté à laquelle elle tente de se conformer. Sa quête impossible d’harmonie avec son corps et sa sexualité la conduit à se violenter. Cette plongée dans les traumas d’une jeune fille en stop motion est une vraie révélation. La réalisatrice tchèque Daria Kashcheeva avait réussi à ébranler le monde de l’animation indépendante dès son coup d’essai: le film en stop-motion Daughter (2019), remarqué en festivals. Elle persiste et signe avec son Electra. qui creuse la relation père-fille en citant des tragédies grecques classiques comme Carl Jung (son célèbre complexe d’Électre) pour concevoir un court métrage fichtrement audacieux. Accrochez vos ceintures: il est visible ici. Y.M.
