Le très dérangé Driller Killer (le tueur à la perceuse) ressort en DVD dans une nouvelle édition chez Bach Films incluant l’œuvre originale et le film d’horreur Blood and Lace (de Philip S. Gilbert). Un an à peine après les éditions de New York 2 heures du matin et L’Ange de la vengeance chez ESC, et quelques mois après The Addiction chez Carlotta, le maestro fait de nouveau peau neuve. L’occasion pour nous de revoir son premier long-métrage (officiel), et sans doute son plus violent, tourné dans les bas-fonds de New York avec des vraies prostituées et des figurants plus vrais que nature. L’intrigue tourne autour de Reno Miller, un artiste fauché, devenu fou à cause du stress et tuant des clochards avec une perceuse électrique. Si le pitch parait dingue, la réalisation l’est encore plus: Abel Ferrara, complètement électrique, joue lui-même le tueur et laisse la caméra se couvrir de faux sang, par-dessus une musique hard rock trop forte et une explosion de couleurs primaires qui nappe l’écran, comme dans un cauchemar de junkie, coincé dans les illusions de sa propre démence. Un résultat suffisamment taré pour que William Friedkin le remarque et lance ainsi sa carrière, peu après, en lui permettant d’avoir des moyens plus conséquents pour son long-métrage suivant, L’Ange de la vengeance. S.R.


