« Dreaming Machine », ce film maudit de Satoshi Kon que l’on ne verra (sans doute) jamais

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Dreaming Machine (Yume Miru Kikai) est le dernier film, inachevé, du réalisateur Satoshi Kon, décédé en 2010. Il en existe 26 minutes. Plus de dix ans après, les images demeurent invisibles. Comment l’expliquer?

Avant de réaliser son nouveau film après Paprika, Satoshi Kon se savait malade et avait accepté de s’engager auprès du studio Madhouse si ce dernier acceptait de continuer le projet s’il décédait. C’est hélas ce qui est arrivé en 2010. Après sa mort, The Dreaming machine devait être terminé, selon le studio, par un de ses proches collaborateurs, Yoshimi Itazu, animateur sur Paprika qui était character designer et le directeur de l’animation sur The Dreaming machine. En 2011, Masao Maruyama (producteur des films de Kon) a annoncé au grand dams de tous que le film resterait inachevé pour des raisons financières. Ce long métrage inachevé s’avère ce qui a donné à Pascal-Alex Vincent l’envie de faire le documentaire Satoshi Kon, l’illusionniste, disponible en Blu-ray chez Carlotta: «Je savais qu’il existait 25 minutes de Dreaming Machine, son film inachevé. Le producteur ayant fait savoir que le film demeurerait en l’état, je me suis dit qu’il était dommage de ne rien en voir. Je suis donc parti enquêter sur ce métrage mystérieux, interrogeant tous les collaborateurs du cinéaste pour en savoir plus sur ce projet.»

Quid alors de ce projet? Réponse de Pascal-Alex Vincent: « Il existe un storyboard, et il existe 26 minutes de tournées, colorisées, montées, mais pas sonorisées. Le problème, c’est que ces 26 minutes merveilleuses sont l’objet d’un imbroglio terrible entre les producteurs et la veuve, du genre qui va durer très longtemps, je le crains. Un jour ça va se décanter, mais en attendant, elle est assise dessus. Au début, on m’a dit «Oui, vas-y, montre des extraits», et ensuite, la veuve a reculé. Est-ce pour des histoires de fric? Je pense. Peut-être des histoires d’ego. En tout cas, il fait partie de ces films maudits de l’histoire du cinéma, avec l’auteur qui n’est plus là, et les héritiers et producteurs qui se haïssent. Cette histoire est copieusement documentée dans mon film, qui montre des dessins, des storyboards, mais pas d’images animées, à cause de cette embrouille avec huissiers et avocats. Ce n’est pas simple. »

> Lire l’interview de Pierre-Alex Vincent, par Gérard Delorme

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