Des nouvelles de Jacques Nolot

L’arrière pays en 1997, La chatte à deux têtes en 2002, Avant que j’oublie en 2007. Pour Jacques Nolot, trois films constituant trois petits bouts de soi, trois alter-ego, trois dépouillements. Pour la quatrième fois, avec Je suis déjà mort trois fois, c’est une autre main qui tiendra ce nouvel éclat de miroir. Sous l’égide de Venin Films, ici loin de leurs fantasmagories habituelles, Maxime Vassilyevitch filme à son tour Jacques Nolot, le vrai, loin des alias, dans son appartement parisien sans grandeur et sans bruit. Le comédien/réalisateur revient d’un séjour à l’hôpital. Silence, murs craquelés, draps jaunis, air opaque, odeur de cigarette et de café. On sort du lit. On y entre à nouveau. Le décor de Avant que j’oublie a vu le temps passer. Curieuse sensation. Il y a un art du rien ou presque, comme chez Tsai Ming-Liang ou chez Chantal Akerman. Et puis la voix de Nolot arrive et déballe. Des rencontres pas possibles, des amours déchues. Cannes, les voyous, le bois de Boulogne, un court-métrage. Mais aussi la rencontre avec un ordinateur insurmontable, une ballade en bagnole. Cela pourrait durer des jours, des heures. Il n’en subsiste qu’une seule ici, avec ses traits d’union. Ce n’est pas un mémoire, une maxi-interview, ou pire, une épitaphe. L’exercice pourrait être cafardeux, il se trouve être, par la grâce apaisée de Nolot, drôlatique et malicieux. Et ce dernier sursaut dans la nuit, comme pour dire « toujours pas mort ». La beauté absolue d’un portrait sans filtres. Le film sera diffusé Jeudi 15 Janvier à L’archipel en présence de Maxime Vassilyevitch et Jacques Nolot.

Les articles les plus lus

CANNES 2024 – LES ETOILES DE LA CRITIQUE

PALMOMÈTRE! Voici la page de notre guerre des étoiles...

Pendant ce temps, Santiago Segura signe un démarrage spectaculaire en Espagne avec « Torrente presidente »

Torrente presidente, réalisé et interprété par Santiago Segura, a...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!