Découvrez « Rebelle », le film qui représentera le Canada aux Oscars

« Rebelle » de Kim Nguyen tente de reproduire le choc d’Incendies, de Denis Villeneuve l’année dernière. Un film qui a été sélectionné pour représenter le Canada lors de la 85ème cérémonie des Oscars dans la catégorie « Meilleur film étranger ». Une statuette en vue ?

Komona, une jeune Africaine de 14 ans, raconte sa vie à l’enfant qu’elle porte : depuis son enlèvement par une armée rebelle trois ans plus tôt jusqu’aux fréquentes apparitions des fantômes de ceux qu’elle a tués, en passant par le garçon qu’elle aime, Magicien, un albinos de 15 ans. Se nourrissant de faits réels, mais faisant preuve d’un imaginaire très inspiré, Kim Nguyen réalise un quatrième long-métrage aux allures de chant incantatoire sur les enfants-soldats, une fable africaine aux personnages percutants. Comme un morceau d’horreur perdu en plein rêve, « Rebelle » est une leçon de vie, un instant de grâce, une histoire de résistants.

Tentant de s’inscrire dans la même veine à la fois naturaliste et lyrique que « Requiem pour un massacre » (1984), Rebelle ne reproduit pas le même choc que le chef-d’œuvre de Elem Kilmov mais tente de décrire le parcours d’une enfant brimée, battue et déracinée que l’on va transformer en soldat et qui va aussi devenir une femme. Le résultat, entièrement tourné en décors naturels à Kinshasa en République démocratique du Congo, choisi pour représenter le Canada aux Oscars, contient autant de fulgurances que de maladresses. Avec un thème pareil, n’importe quel malin aurait cherché à faire dans le film coup-de-poing, à reproduire les effets tapageurs et à copier les plans les plus évocateurs de « La Cité de Dieu ».

La réussite du film réside dans le traitement qui prend à contre-pied : le style paraît paradoxalement doux pour illustrer un sujet dur – l’onirisme et la poésie le disputent à la brutalité et la violence du réel. S’entourant d’acteurs non-professionnels, le réalisateur Kim N’Guyen louvoie entre le réalisme et le romanesque, instillant même le fantastique à travers les visions de l’héroïne. On regrettera toutefois qu’une voix-off paraphrasante ne vienne inutilement alourdir le propos et qu’une tendance à la pose s’exprime au détriment de la dimension viscérale.

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