Debouuuut pour « Le règne animal et son million de spectateurs heureux »

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Pour faire plaisir à Valérie Pécresse, le Chaos se met DEBOUUUUUUT pour Le règne animal, le film de Thomas Cailley qui vient de franchir la barre du million de spectateurs, mérite une standing-ovation. 

Depuis sa sortie, 1.001.043 spectateurs (précisément) ont vu le grand beau film de Thomas Cailley. Il faut dire que c’est un drôle d’oiseau, un film français inclassable et ambitieux, à la frontière du fantastique, de la comédie dramatique et du récit d’initiation qui ne ressemble pas à grand-chose de connu dans le paysage cinématographique français et qui montre que chez nous aussi, on peut faire du Spielberg ou du Bong Jong Ho. Chauvins contents, mais cinéphiles heureux, surtout!

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore vu le film, on rappelle l’histoire: la description d’un monde où une partie des humains a commencé à muter vers une forme animale, du poulpe au loup. Confronté à la mutation de son épouse, un homme (Romain Duris) tente de faire face, tout en s’occupant de son fils de 16 ans (Paul Kircher). Lorsque les autorités décident de transférer la mère mutante dans un centre de soins fermé, le père et son fils quittent leur vie parisienne pour la suivre, s’installant dans un camping du sud-ouest de la France. L’une des forces du Règne animal est d’éviter les poncifs du film post-apocalyptique: il est question d’une épidémie mystérieuse et incontrôlable, mais jamais d’un monde qu’il faudrait sauver de la catastrophe. Les mutations font partie d’un nouveau quotidien dont tout le monde semble s’être accommodé, pas particulièrement étonnés de voir surgir un poulpe géant au supermarché ou un oiseau bondir entre deux voitures dans les embouteillages.

Le film, ambitieux et populaire, accessible et mystérieux en même temps, résonne incontestablement avec l’effondrement sans précédent de la biodiversité que l’on connaît. L’adolescent dont le corps se transforme, le parachutage dans un nouveau collège, l’arrivée d’urbains dans un monde rural: Le Règne animal joue en permanence de ces contrastes. Romain Duris (de mieux en mieux) apporte une belle profondeur au rôle du père, à laquelle répond Paul Kircher, révélation du beau Lycéen de Christophe Honoré. En second rôle, Adèle Exarchopoulos ajoute une touche d’humour en gendarme du coin (façon Adèle, quoi). Le film doit aussi sa poésie à une photographie travaillée. Le réalisateur a fait appel à une série de techniques, depuis des dessins réalisés par l’auteur de BD Frederik Peeters, jusqu’à des effets de maquillage, de plateau ou numérique mélangés. Sans compter un long travail de chorégraphie avec les comédiens, qui se sont appropriés cris et mouvements des volatiles, dont une prestation mémorable de l’acteur Tom Mercier en homme-oiseau. Vous ne l’avez pas vu? Foncez et donnez-lui la possibilité d’atteindre un second million: il le mérite!

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