Ceux qui possédaient la pochette de Dance Machine 5 et écoutaient en boucle cette compilation FunRadio-M6-esque se sont sans doute, un jour, posé la question: qui est donc cette jeune clubbeuse blonde dansant chelou dans un fond borealis?
Hé bien, la réponse est simple, il s’agit de Whigfield, et non pas Wilfried, inoubliable tubeuse du Saturday Night. Un hit des clubs conçu par le pro italien Larry Pignagnoli à qui l’on doit, entre autres atrocités, Call Me de Spagna ou encore 2 Times de Ann Lee. Un tube qui comme The Rythm of The Night de Corona, n’a pas connu la gloire immédiate. Saturday Night était initialement sorti en 1992, passant inaperçu avant de connaître un succès foufou en discothèque un ans plus tard, les danceclubbeurs surexcités du tee-shirt balancé sur les rois de la dance gesticulant sur la scène de Bercy reprenant tels des bois-sans-soif le fameux dininanana…
Charlotte de son vrai nom, comme Charlotte Rampling ou Charlotte Kady, est née en 1970, au Danemark, à Skælskør. On lui doit quelques succès très Dance Machine – on aura entretemps noté qu’elle ne figure pas sur les compilations des rivaux de La Plus Grande Discothèque du monde. Ainsi, ce Another Day ou encore Think of You… Autant de tubes réclamant un mégamix de Whigfield/Sannnngggyy/Charlotte…
Tout allait bien jusqu’à l’inéluctable drame. En effet, d’affreuses mauvaises langues ont accusé Whigfield/Sannnngggyy/Charlotte de ne pas être la réelle chanteuse. Certes, quelques exemples du passé (Valérie Dore ou Milli Vanilli, par exemple) ont prouvé que les rumeurs disaient vrai. Les preuves accusant Whiwhi? Soi disant, les entrevues qu’elle accordait aux journalistes démontraient que sa voix pis que Jeanne Moreau au réveil était fatalement plus grave que celle que l’on entendait sur Saturday Night.
Oui, Charlotte performait en lipsync presque entièrement toutes ses performances. Elle était alors au firmament de sa gloire mais depuis qu’elle ne l’est plus, Whigfield chante sans lipsync, ou du moins performe en chantant par-dessus la voix en playback, démontrant paraplusbé qu’elle est la vraie chanteuse. N’empêche, de la même façon que pour Le Projet Blair Witch, cette hallucinante théorie du complot a donné lieu à de vraies enquêtes fouillées sur l’Internet. Démontrant aussi paraplusbé que non, les gens n’ont pas de temps à perdre. Au moment où ça décline, Whigfield reprend Last Christmas de WHAM! Mais on ignore la cause comme l’intérêt. Du coup, elle sort un deuxième album, Whigfield. Et tout le monde s’en fout. Et la carrière de Whigfield de rejoindre les rêves brisés à la Lisa Stansfield. Byebye l’Eurodance. Désormais, les jeunes dansent sur Tu m’oublieras de Larusso et Ces soirées-là de Yannick. Whigfield décide alors d’écrire des chansons pour les autres comme la superstar de l’époque, Benny Benassi (elle a posé sa voix sous le pseudo de Naan sur l’album de Benassi Bros). Mais à part des remix de remix de ses tubes des années 90, à peine diffusables dans des émissions à la con, absolument rien à signaler.



