Born Slippy du groupe Underworld (composé par les Britanniques Rick Smith, le clavier; Karl Hyde, le chanteur guitariste et éminence grise; et, à cette période, Darren Emerson, le Dj électro) reste un morceau culturellement emblématique des années 90, devenu un phénomène-techno, ayant dépassé tout le monde, y compris ses instigateurs qui don’t-wanna-be-les-nouveaux-Prodigy. Reste donc ce météore, cet effet surprise, ce morceau toNitruANT qui a explosé dans le monde entier et a rapidement atteint la deuxième place du classement des singles au Royaume-Uni en 1996, pour une raison simple, évidente: grâce à son apparition dans le générationnel Trainspotting de Danny Boyle.
Boyle a joliment dit que Born Slippy était le battement de cœur de son long métrage, capturant des hauts euphoriques comme des bas intenses. Un peu à l’image du groupe Underworld en soi qui n’en était pas à sa première fois et qui a connu des sommets très hauts et des chutes très basses. Ceux qui ont suivi les ousiders gallois, même de loin, se souviennent peut-être de Doot Doot, leur tube new wave en Italie du temps où le duo (Rick Smith et Karl Hyde, seulement) s’appelait Freur en 1983…
Le groupe Underworld, lui, est né avec les deux mêmes membres, mais à la fin des années 80 et l’expérience avait (mal) commencé avec deux albums unanimement considérés comme médiocres (Underneath the Radar en 1988 et Change the Weather en 1989) avant de trouver son chemin et de voir sa carrière brusquement grimper grâce à Born Slippy issu de Second Toughest in the Infants. Pour nos gourous ravers, c’est comme passer du jour au lendemain d’une cave à un palace. À dire vrai, ils ont connu une vraie nouvelle impulsion grâce à Darren Emerson, jeune DJ exubérant, qui est venu dynamiter le groupe au mitan des années 90 (avant de le quitter rapidement et sans que les deux autres comprennent réellement). La scène rave a adopté ce groupe à contre-courant, sans se douter que la généalogie dudit groupe était bien plus complexe qu’un simple groupe de jeunes branchés à la mode… Juste que la musique était bonne pour la génération no future et qu’elle donnait envie de hurler dans le désert.
Born Slippy est revenu dans les charts britanniques une fois réédité avec de nouveaux remixes en 2003. À cette occasion, le fidèle et adorable Boyle a eu l’idée de monter une version rapide de quatre minutes du long métrage pour YouTube, que Rick Smith a accompagnée d’une variation de Born Slippy.



