Culte des années 90: Ultra Naté – « Free »

Dieu sait si on a adoré, si on adore et si on continuera d’adorer danser sur de la house. Mais n’oublions pas d’où viennent les origines de ce genre. Une musique qui, certes, n’oublie jamais le simple plaisir hédoniste du clubbeur en quête de perdition, mais n’en reste pas moins à la croisée des genres (du disco, bien sûr, mais aussi de la soul, du funk, de la musique latine, du R&B et du gospel) et à la croisée des genres (elle s’adresse à, et réunit aussi, des personnes marginalisées par la société). Free, hymne house des années 90, très énergique et très populaire en son temps, découle de ça. Naté, auteure-compositeure-interprète et diva de la house, est née à Baltimore, dans le Maryland et, petite, chante sur les bancs de l’église. Dans la fin des années 80, c’est une étudiante en médecine assidue à l’université de Baltimore, mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est faire des virées dans les night-clubs de la ville: « Je suis tombé accidentellement dans le monde de la musique ». Naté tombe par chance sur les mêmes producteurs que Crystal Waters (le monstrueux tube Gypsy Woman) qui vient, elle aussi, de Baltimore, à savoir les Basement Boys! En résulte un premier album Blue Notes in the Basement en 1991, succès relatif avant de déchanter et d’être abandonnée par son label (Warner) lors de son second, One Woman’s Insanity en 1993. « Lorsque l’accueil réservé au deuxième album a été modéré, je me suis demandée s’il n’était pas temps d’abandonner et de reprendre mes études », dit-elle en interview. Une période de galère, avec 50 dollars sur le compte en banque et un manager combatif avec lequel elle fait le tour des labels.

Free a donc été une révélation pour elle (qui le chante) mais aussi ceux, nombreux, qui l’écoutent. Dans le sillage de Trainspotting et de la popularité croisée de Born Slippy .NUXX d’Underworld (eh oui, la mode, les tendances, tout ça…), les labels étaient prêts à commercialiser l’électro, la techno, la house, la « dance arty ». Elle signe avec Stricly Rhythm et pour Free, revendique comme influence non pas celle de la scène electro ambiante, mais celle de R.E.M. et son si accessible Losing My Religion. « Nous voulions de l’énergie rock classique, pas les thèmes de fêtes dansantes que l’on entend habituellement dans la musique house », raconte-t-elle encore. « Nous avions besoin de quelque chose de plus grand, de quelque chose qui se démarque, mais qui fonctionne partout – parce que tout le monde veut être libéré de quelque chose dans sa vie. » D’où le FREEEEEEE qui, dans son titre et ses paroles, parle de liberté et d’émancipation (« Do What You Want To Do », qu’elle clame!). Un appel à se débarrasser des incertitudes et des inhibitions. Un des seuls morceaux de l’histoire de la house à s’être extirpé de l’underground pour toucher le mainstream, et qui cache un léger ADN rock. Qui démarre par un son de guitare, un prélude mélancolique et doux-amer qui se transforme en un groove staccato ouvertement influencé par Nile Rodgers…

Suivront deux autres titres sortis en France: Found a Cure et New Kind of Medicine, bénéficiant du succès de Free. À partir des années 2000, la diva Naté lance les soirées Deep Sugar au club Paradox de Baltimore, des rendez-vous majeurs pour la scène House locale et reste, depuis, assimilée à une star intemporelle de la house.

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