L’un des grands morceaux de brit’pop des années 90 (et qui, en même temps, avait un goût apocalyptique de la brit’pop), on le doit à ce groupe: The Verve, soit Richard Ashcroft (voix/guitare), Nick McCabe (guitare), Simon Tong (clavier/guitare), Simon Jones (basse) et Peter Salisbury (batterie) qui s’est séparé et refondé à peu près cent fois dans les années 90. Et à sa Bitter Sweet Symphony en 1997, avec son leader de chanteur Richard Ashford qui bouscule, dans le clip, tous les passants in da street.
Le succès de ce titre a permis à l’album Urban Hymns de devenir le disque le plus vendu en Grande-Bretagne cette année-là.
Le titre servira aussi de scène instantanément culte à Sexe Intentions, ce teen movie porno-chic, relecture cul des Liaisons Dangereuses.
Mais derrière ce tube planétaire, se cache aussi une injustice interplanètaire: ce titre, écrit par Richard Ashcroft, que tout-le-monde-connait-et-adore, possède un sample de la partie orchestrale de The Last Time des Rolling Stones.
Et selon la juridiction complexe du copyright, eh bien, The Verve n’ont jamais pu bénéficier des droits du morceau. La raison? Un vilain procès intenté par Allen Klein (ancien manager des Stones), peu après la sortie du titre, a forcé The Verve à céder 100% des royalties à Mick Jagger et Keith Richards. Une mauvaise nouvelle qui a au moins donné lieu à une scène hilarante, captée en 2001 par les caméras du documentaire Being Mick Jagger. Le chanteur des Rolling Stones arrive pour un bal chez Elton John et tombe sur un quatuor de violonistes en train de jouer Bitter Sweet Symphony de The Verve, extrait de l’album de 1997 Urban Hymns. « J’adore cette chanson! », qu’il lance aux musiciens hilares…
Jusqu’à ce coup de théâtre en 2019 (enfin!), révélé par la BBC: les Stones ont volontairement rendu les crédits d’écriture de Bitter Sweet Symphony à leur propriétaire légitime. Il en aura fallu du temps… mais l’honneur est sauf.



