Culte des années 90: Sous le manteau feat. Zambla – « Derrière les rochers »

«C’est tout du plastique à 20 000 dollars/Oh putain ça m’excite, oh oui ça m’excite/ça m’excite, ça m’excite/Alors là tu te diriges vers le bar et tu prends un petit drink/Putain c’est énorme le drink ça coûte rien là bas/Le mec te fais des verres vraiment gigantesques/En plus il est beau, han han, il a les cheveux longs/Mais il ne sent pas le sable chaud, oh non/2000 pesets tu te fais deux trois ecstas/Ensuite, tu descends sur le plage/Là, tu te fais faire une pipe/Ensuite un tour de catamaran/Si tu es bien branché, montre en main/Tu peux te faire enculer derrière les rochers». Voilà, voilà.

Fut un temps, les radios les plus popu ne connaissaient pas la pudibonderie et n’avaient pas peur de choquer Monique écoutant la radio dans sa Twingo. Pour le dire plus simplement, cette chanson qui parle de se faire enfiler derrière les rochers à Ibiza passait à heure de grande écoute sur NRJ. Et merci de laisser la délicatesse aux vestiaires: plus besoin de métaphores ou d’allitération pour parler de sodomie. C’est la fin des années 90, la débandade musicale avant la fin du monde du bug de l’an 2000. Derrière ce Derrière les rochers, une bande de joyeux drilles regroupés sous la bannière de Sous le manteau, se décrivant comme un collectif de « musiciens producteurs avertis » avec Zambla, de son vrai nom Christophe Gallud, un « poète et aventurier de l’été ». Des wanna be Daft Punk avec un Tellier des lagunes, voulant surfer sur la vague French Touch et ayant réussi à sortir ce morceau en plein été 1999, chez Gambler, une division de Sony.

Les Djs s’arrachent cette disco bizarre et poisseuse au tempo diabolique et au débit mitraillette all summer long, le rédacteur en chef du site de Radio Nova affiche la chanson en pleine page d’accueil pendant deux mois, les stations de radio plus généralistes (NRJ, Fun etc.) sentant le buzz monter haut se l’accaparent et les acolytes, dépassés par le succès grandissant, se trouvent dans l’obligation immédiate de tourner un clip à l’arrache « à Fontainebleau pour avoir du sable, du soleil et des rochers ». À l’automne, le titre qui ressemble à du Bernard Menez à l’improbable accent anglais explorant la sphère des branchés, se trouve sur des dizaines de compilations, celles de majors comme sur certaines plus spécialisées, et le single est vendu à plus de 500.000 exemplaires, tous supports confondus. Preuve qu’alcool et cul font bon ménage. Sachons-le, donc: à la fin des années 90, NRJ jouait en boucle Derrière les rochers et son refrain dans la langue de Shakespeare: «Givin’ me, I suck it for you baby/Givin’ now, oh I suck it now/Suck it now». Monique ne s’en est jamais remise!

Les articles les plus lus

« Good boy » de Viljar Bøe: l’amour est un chien de l’enfer

Seconde nouveauté dans le marathon Halloween de la plateforme...

Nicolas Winding Refn aux commandes d’un remake de « Maniac Cop » ? C’est William Lustig qui le dit

Le réalisateur danois Nicolas Winding Refn devrait tourner à...

[DANS MA PEAU] Marina de Van, 2002

On a vu planer la Marina façon ombre tutélaire...

« Scream 7 » de Kevin Williamson : de l’épouvante épouvantable

Si on comprend mieux, après l'avoir vu en salles,...

« Saturnalia » : un film d’horreur indépendant qui rend hommage à Dario Argento

Le film d’horreur indépendant Saturnalia se dévoile dans une...

Après « Brides », Chloe Okuno planche sur le thriller horrifique « Bad Hand »

La réalisatrice Chloe Okuno (Watcher) s’associe à la scénariste...

[LAKE MUNGO] Joel Anderson, 2008

Pour donner naissance à un film culte, rien ne...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!