C’est le moment de siffler une fin de soirée? Balancez donc Clubbed To Death de Rob Doughan et, soyez-en certains, il n’y aura plus personne sur le dancefloor! La voilà la chanson la plus génialement bad-trip des années 90, ancêtre de la BO de Requiem For A Dream signée Clint Mansell dans son mood et donc exploitée à l’envi dans les reportages sensationnalistes de cette décennie. Créé par le producteur Rob Dougan en 1995, ce Clubbed To Death aux superbes accents Carpenteriens a d’abord connu une mythique carrière underground avant d’arriver jusqu’à Matrix (sinon ce ne serait pas drôle). C’est d’ailleurs ainsi, dans un club Londonien, que la réalisatrice Yolande Zauberman et le compositeur Philippe Cohen-Solal sont tombés sur ce morceau des enfers et en sont tombés raides dingue, foudroyés par son inconsolable mélancolie.
Du flair puisque si le film intitulé Clubbed To Death (avec Élodie Bouchez, Béatrice Dalle, Roschdy Zem, Richard Courcet, Gérald Thomassin, Alex Descas…) est furieusement raté (l’histoire d’une jeune vingtenaire qui s’endort une nuit dans un bus, se perd, se retrouve dans un monde étranger, envahi par la musique, et à qui il arrive des z’aventures interdites aux moins de 16 ans), la fulgurante bande-son, elle, demeure. La preuve, on l’entendra plusieurs fois par la suite, le point d’orgue étant Matrix avec un déchirant remix « Kurayamino Variation », donc une nouvelle version, plus longue, plus opératique, plus tout.
Ses nappes de violons synthétiques, ses beats sombres, sa séquence de piano façon Richard Clayderman chez De Palma et sa spirale mélodique crépusculaire nous hantent à jamais. Outre Clubbed to Death, le morceau Furious Angels, autre tube puissant de Rob Doughan, figure également sur la BO de Clubbed to death (Lola) et Matrix. Comme quoi, Zauberman et les Wacho, mêmes intuitions!



