Culte des années 80: Terence Trent D’Arby – « Sign Your Name » (Lee ‘Scratch’ Perry Remixes)

Avec Wishing Well, Sign Your Name reste le plus grand succès de Terence Trent d’Arby. L’artiste s’appelait alors ainsi avant de devenir Sananda Maitreya à la suite d’une dépression nerveuse en 2001. Lors d’un entretien avec Song facts en 2005, le chanteur est revenu sur les origines de ce tube, un rêve avec la chanteuse Sade: « Lorsque je vivais à Francfort, j’avais vu à la télévision le Live Aid, ce double concert donné conjointement à Londres et à Philadelphie le 13 juillet 1985 par des artistes majoritairement américains et britanniques, organisé par Bob Geldof et Midge Ure, dans le but de lever des fonds pour soulager la famine éthiopienne en cours lors de cette année-là, et j’avais été absolument captivé par la performance de Sade, mais surtout par Is It A Crime. »

« Étant tombé amoureux d’elle, j’ai rêvé la nuit suivante qu’elle me demandait de lui écrire une chanson », poursuit-il. « Quelques jours plus tard, je me suis réveillé avec la chanson que j’ai ensuite traduite sur mon petit clavier Casio et ma boîte à rythmes 808. C’est ainsi qu’est née la chanson Sign your Name et si vous l’écoutez, elle est très inspirée de sa musique. Plus tard, en rencontrant Sade, je lui ai dit que j’avais écrit une chanson pour elle et que je serais un jour presque aussi célèbre qu’elle. À juste titre, elle m’a pris pour un idiot! Plus tard, j’ai écrit Delicate pour nous, mais elle n’était pas disponible pour l’enregistrer [NDR. finalement remplacée par Des’ree]. » Autre influence revendiquée par Terence: Careless Whisper, écrite par une véritable idole, George Michael.

Un joli clip vidéo réalisé par Vaughan Arnell avec la mannequin Kelly Brennan disant AU REVOIR TERENCE (en français, steupl) qui commence comme un mauvais rêve (décidément, la dimension onirique est bien présente!) et, hop, le tour est joué. Classé n°2 au Royaume-Uni en janvier 1988, c’est un tube d’été aux États-Unis (n°4 en août) et en France (n°14 fin juillet et plus de 100 000 ventes) où l’album est certifié platine. C’est devenu le classique que l’on sait, repris à toutes les sauces, notamment par la chanteuse et compositrice américaine Sheryl Crow pour son album 100 Miles From Memphis, sorti en 2010, dans un style Al Green, en compagnie de Justin Timberlake. Mais malgré bien des efforts méritoires, cette version Terence Trent d’Arby, si mystérieuse et si envoûtante, n’a jamais égalée… sauf, sauf, sauf… par un remix. Absolument génial. Que l’on doit au non moins génial Lee « Scratch » Perry. Un remix disponible pour certaines sorties européennes, donc en France et on l’en remerciera jamais assez. Une telle réussite qu’il remixera un autre titre de Terence Trent D’Arby intitulé To Know Deeply Is To Know Someone Softly, en y ajoutant des effets sonores et des montées d’ego trip comme des parasites sur la chanson.

Ingénieur du son, producteur, découvreur de talents, Lee « Scratch » Perry est surtout connu pour être l’un des pères fondateurs du reggae. Toujours en quête du « son », il pouvait pratiquer des expériences bien curieuses: frotter des peignes contre une cuvette de toilettes ou y lancer des tessons de bouteille pour faire naître des sons qu’il passait des nuits entières à arranger. Adrian Sherwood, figure historique du dub hors Jamaïque, considère que Lee Perry est « un des personnages les plus importants du monde de la musique de la fin du XXe siècle ». C’est d’ailleurs lui qui, dans une interview à Rolling Stone, relate une anecdote à propos de ce remix: « Le gars de la maison de disques de Terrence Trent D’Arby était un de mes amis. Il m’a dit : « Ecoute, Terrence explose, j’aimerais vraiment que Lee fasse une version de Sign My Name ». J’ai répondu: « Il n’a pas fait de remix depuis des années. » Il m’a répondu: « Demande-lui, s’il te plaît. » Je lui ai donc demandé et il a répondu: « Oui, j’aime bien Terrence, je vais le faire! » À l’époque, Lee buvait beaucoup, mais de toute façon, il s’en foutait. Je suis donc allé au studio et Lee était allongé sur le dos, sous la table de mixage, tenant une bouteille de vin vide de deux litres, un spliff à la main, et il avait un robinet en marche avec un micro dessus dans les toilettes, jouant à travers un seul haut-parleur. La basse et un peu de charleston dans l’autre. Et au milieu, il dit « You’re my baby Terry, you’re my baby », avec des petits bouts de la voix de Terry [rires]. S’ils avaient sorti ça, et pas ce qui est finalement sorti – parce que la version qui est sortie était très écoutable – ça aurait été génial. Mais le type de la maison de disques est arrivé et a éclaté de rire. Et Lee lui a demandé plus d’argent, ce qu’ils ont fait ; ce n’était pas un problème, car la chanson marchait si bien. » Et en pleine phase expérimentale, il a surpassé le morceau d’origine… C’est un chef-d’œuvre.

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