Culte des années 80: Tears For Fears – « Head Over Heels »

Vous connaissez La bête dans la jungle, le roman de Henry James, où une histoire voyage à travers le temps? Bah, les Tears For Fears, c’est un peu la même limonade. Exemple avec Head over Heels, chanson très emblématique du groupe duo pop new wave britannique Tears for Fears, sortie en 1985 sur leur album à succès Songs from the Big Chair. Ce duo était si aisé à détester dans les années 1980, composé comme chaque fan sait, par Roland Orzabal et Curt Smith, sorte de Simon & Garfunkel de la new wave, qui se connaissent depuis leur adolescence à Bath, dans le sud-ouest de l’Angleterre et que la musique a éloigné de la délinquance. Ces deux-là vouent un culte aux Beatles, aux Talking Heads, à Kraftwerk, à Peter Gabriel et au Bowie de Scary Monsters. Le nom de leur groupe (« des larmes et non des peurs » en français) se réfère à la thérapie du cri primal élaborée par le docteur Arthur Janov pour combattre les terreurs enfantines. Et avec leurs trois premiers albums, The Hurting (1983), Songs from the Big Chair (1985) et The Seeds of Love (1989), les deux amis ont vendu plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde tout en incarnant l’avant-garde de la pop dite « new wave », aux côtés de Depeche Mode, Pet Shop Boys, Soft Cell ou Eurythmics. Une omniprésence sur les ondes, des chiffres de ventes qui se traduisent en millions.

Ce Head over Heels est revenu à nous en découvrant Donnie Darko de Richard Kelly (où l’on entend également une somptueuse reprise du Mad World du même groupe, cette fois-ci avec le piano de Michael Andrews et la voix de Gary Jules). Un morceau qu’on entend quasi in extenso dans cette scène où Donnie/Jake Gyllenhaal descend du bus et marche dans les couloirs, observant tous les personnages de son bahut alors qu’il se rend en classe.

Des années après, on continue de porter au pinacle Head over heels de Tears For Fears, de façon ponctuelle, presque autant que Mad World, qui lui est chanté à l’envi dans les télé-crochets du monde entier depuis (trop) longtemps. Un exemple récent? Au Super Bowl LVI, en 2022, soit pendant la très regardée grand-messe sportive américaine (90 millions de téléspectateurs, pas un de moins). À la mi-temps du match opposant les Rams de Los Angeles aux Bengals de Cincinnati, le spectacle est assuré sur scène par des rappeurs (Eminem, Dr. Dre, Snoop Dogg, 50 Cent, Kendrick Lamar et la chanteuse R’n’B Mary J. Blige) avant un gigantesque feu d’artifice où résonnent les notes au piano de Head Over Heels, plongeant les quelque 70.000 spectateurs du stade en transe (voir vidéo ci-dessus).

De la création de cette chanson (les années 80) à ce feu d’artifice au Super Bowl (les années 2020) en passant par Donnie Darko (les années 2000), ce morceau de l’un des duos de pop synthétique les plus marquants d’il y a 40 ans traverse les années par double décennie pour mieux revenir à nous… D’où cette question: quelle sera la prochaine étape en 2040?

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