Culte des années 80: Nik Kershaw – « The Riddle »

Les années passent, on y revient toujours. À quoi? À The Riddle, le morceau-phare des années 80 qui passait en boucle sur NRJ et squattait les cassettes audio de nos parents pendant les trajets des grandes vacances en voiture. Ah ça, on en a bouffé du Riddle, de son lyrisme qui faisait voyager à lui seul, de son refrain diaboliquement efficace, d’un peu tout. Un tube pop mystérieux, tellement qu’on n’a jamais vraiment su 1. Qui était vraiment le père Kershaw? 2. Que racontait The Riddle?

1. Nicholas, Nik pour les intimes, voulait faire de la musique. Au début des années 1980, afin de trouver un manager, il passe une annonce dans le magazine Melody Maker et rencontre Micky Modern, producteur du groupe Nine Below Zero, qui lui décroche un contrat chez MCA Records. Wouldn’t It Be Good, son deuxième 45 tours, lui met le pied à l’étrier et son album Human Racing est certifié platine au Royaume-Uni en 1984. Galvanisé, Nik écrit et compose un nouvel album en seulement deux semaines pendant lesquelles il enregistre neuf démos qu’il fait écouter à son producteur Peter Collins. Qui lui fait comprendre que tout ça est fort bien, mais qu’il manque un tube pour petits clous. Nik compose en vingt minutes les accords et la mélodie de ce qui va devenir son gros tube (celui dont on parle là).

2. Les sessions d’enregistrement étant programmées très peu de temps après, Nik n’a pas franchement le temps d’écrire et écrit un texte avec tout ce qui lui passe par la tête, sans chercher un sens, afin de mettre en place sa mélodie de voix. Cela donnera lieu à un texte énigmatique intitulé The Riddle (l’énigme). Des paroles jetées ensemble pour s’adapter à la musique. Le sens de tout ça? Quel sens? Y en a zéro. The Riddle est commercialisé en novembre 1984, trois mois après le dernier extrait de l’album précédent. Le clip, réalisé par Storm Thorgerson, joue cette carte du mystère mystérieusement mystérieux. On y voit Nik Kershaw déambulant dans une maison en forme de point d’interrogation, se frayant un chemin à travers certains obstacles et regardant à travers les tiroirs tout en chantant. Il présente de nombreuses références au Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll avec une jeune fille sortant de la pièce par une petite porte et deux messieurs ventripotents qui ressemblent à Tweedledum et Tweedledee.

L’illogisme kafkaïen du clip est donc synchrone avec les paroles de la chanson ayant causé beaucoup de perplexité et de spéculation en son temps quant à leur signification. Une énigme à déchiffrer jusqu’à la révélation du Sphinx grand méchant issu de l’univers de Batman qui se révèle derrière ce grand labyrinthe. Ce personnage est justement au cœur de The Batman, de Matt Reeves. Comme quoi, Nik Kershaw-Robert Pattinson, même combat à des décennies d’écart (oui, on s’égare…).

Bref, succès immédiat et mérité pour ce morceau qui restera à jamais dans nos mémoires et à nos cœurs, à tel point que Kershaw est reconnu par ses pairs: en 1985, il fait partie des artistes choisis pour participer au Live Aid.

Pour fini, un petit coucou à ce cher Gigi d’Agostino qui, en bon fan de la chanson, a signé au début des années 2000 une savoureuse reprise dance de The Riddle. Pour ceux qui ne connaissaient pas The Riddle enfant, ça ressemblait sans doute de la soupe, mais pour ceux qui connaissaient, c’était du gros plaisir coupable même pas coupable…

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