« It doesn’t matter what they say/No one listens anyway/Our lips are sealed ». En 1980, les Specials avaient beau atteindre leur sommet, le fleuron du ska anglais était rongé par les dissensions. Le label 2 Tone, fondé par Jerry Dammers (le clavier des Specials), commence à prendre l’eau et la plupart des groupes signés quittent le label, se séparent ou évoluent. C’est le cas pour les Specials qui sortent leur dernier (et mémorable) single en juin 1981 intitulé Ghost town (écoute fortement recommandée ici), étouffés par l’emprise autoritaire de Dammers sur la direction musicale. Trois de ses figures principales – Terry Hall (chant), Lynval Golding (guitare et chant) et Neville Staple (percussions et chant) – faisant sécession.
Tandis que le clavier Dammers et le batteur John Bradbury poursuivent l’aventure avec un nouveau groupe (les Specials AKA, toujours sous l’égide du premier) s’ouvre un vaste champ musical sur leur unique album, en 1984 (du funk à la no wave, de la soul au jazz, de la world à la pop), le trio dissident optera pour un nouveau groupe baptisé Fun Boy Three (nom de groupe en référence ironique à la sinistrose après leur départ des Specials), groupe logiquement issu du ska et aux tendances new wave, le temps de deux albums. Si l’on devait citer leur sommet, ce serait probablement Our Lips Are Sealed, initialement écrite pour les filles du groupe Go Go’s (et d’ailleurs plus connue avec cette version dans l’inconscient mélomane) et que le groupe a magnifiquement repris.



