Chasseur d’ivoire est une chanson composée et interprétée par Alain Le Govic alias Alain Chamfort sur son album Amour année zéro en 1981 et sortie en single en 1982, bénéficiant des claviers de Wally Badarou. À l’écriture, un certain Serge Gainsbourg, ayant récrit pour notre Alain le texte d’Adieu California en Manureva, l’histoire vraie d’un navigateur perdu en mer (Alain Colas) – un single extrait de l’album Poses, vendu à un million d’exemplaires. Et parler de ce morceau de devenir l’occasion de faire un panégyrique de ce fabuleux artiste, catalogué au début des années 70 comme chanteur à minettes (et à succès) dans le sillage de Claude François qui l’a poussé au micro (les disques Flèche) et qui reprenait Le temps qui court, ce tube francisé du Could It Be Magic de Donna Summer, également repris par Barry Manilow.
À la fin de cette même décennie, celui que l’on surnomme le Bryan Ferry à la française, icône dandy et modèle de la génération Etienne Daho ayant souffert d’être perçu « gentillet, pas assez rock » (comme il le chantera des années plus tard dans sa chanson Ce n’est que moi), a aligné avec une élégance, une discrétion et une classe exemplaires, des merveilles mélancolico-pop (Manureva, Palais royal, Paradis, la Fièvre dans le sang, Traces de toi…), entre ballades somptueuses et titres suprêmement dancefloor. Chasseur d’Ivoire résume bien cet artiste sous-estimé et follement précieux. Pour les petits clous, infos précieuses: cette chanson de voyage exotique a été reprise à bien des sauces: en 1983, le musicien brésilien Sergio Mendes a repris le titre dans une version anglaise, My Summer Love (en plus rythmé). La même année, Ornella Vanoni a interprété la chanson en italien sous le titre I grandi cacciatori et en 2017, l’excellent duo français Polo & Pan a repris le titre sur son album Caravelle. C’est la meilleure relecture.



