En compagnie de sa mère, Renée, qui souffre d’importants troubles mentaux, le réalisateur Jonathan Caouette entreprend un voyage à travers les Etats-Unis, pour la ramener de Houston à New York. Les obstacles qu’ils rencontrent sur leur route sont entrecoupés de retours dans le temps qui donnent un aperçu de cette relation mère-fils hors du commun.
Tarnation, le retour, huit ans après : Jonathan Caouette emmène une équipe de tournage très réduite pour un road trip en forme de focus sur sa mère. Renée Leblanc a passé sa vie dans des instituts de psychiatrie et c’est au tour de son fils de gérer ce lourd bagage familial et la culpabilité liée à l’internement d’une mère parfois plus follette que folle à liée. Dans une démarche qui passe forcément par le voyeurisme, Jonathan Caouette transforme sa maman en personnage de cinéma, héroïne à la fois émouvante et dérangeante, d’un naturel confondant. L’ensemble est très stylisé, par le split-screen, par la saturation de la lumière, par le flou, le grain, la musique folk… Pour autant, l’émotion provoquée reste limitée par la conscience qu’elle repose sur l’exploitation d’une misère familiale (gros plan sur les chicots du grand-père sénile, scène de folie nocturne tournée à la façon d’un film d’horreur…). Le style de Jonathan Caouette a le mérite d’être inédit…sauf par lui-même. La redite est frappante alors qu’on retrouve des images de Tarnation dans Walk Away Renée. Le réalisateur explique le sentiment d’une nécessité de faire ce focus des années après sa première partie. Ce duo isolé, lié par une destinée implacable a bien besoin d’une thérapie. La voilà achevée.

