À Clermont-Ferrand, Médéric tombe amoureux d’Isadora, une prostituée de 50 ans, mais elle est mariée. Alors que le centre-ville est le théâtre d’une attaque terroriste, Selim, un jeune sans-abri se réfugie dans l’immeuble de Médéric provoquant une paranoïa collective. Tout se complique dans la vie de Médéric, tiraillé entre son empathie pour Sélim et son désir de vivre une liaison avec Isadora. Il y a donc ce célibataire qui court encore et encore (comme le héros du Roi de l’évasion roulait en vélo), amoureux d’une prostituée inaccessible, parce que talonnée par un mari violent et collant. Et ce joli vagabond, qui pourrait être responsable des attentats qui terrorisent Clermont-Ferrand. Et cet immeuble de vieux schnocks qui sortent les fusils. Bref, la France par Guiraudie, ça vaut quand même bien le détour, avec cette vraie première comédie pour le réalisateur de L’inconnu du Lac. Qu’on ne s’y trompe pas, sa propension à filmer superbement des corps hors normes (on n’a jamais vu, et on ne verra sans doute plus jamais Noémie Lvovsky ainsi!) est toujours là, avec un désir qui circule sinueusement à travers chacun. Le temps d’un vaudeville parano, Guiraudie s’ancre davantage dans le réel, mais y perd fatalement en trouble et en dépaysement. Ironie: Viens je t’emmène est probablement son film qui nous emmène le moins loin de tous! Rafraîchissant à défaut d’être aussi radical et obsédant que ses deux derniers (grands) films, l’objet, tout de même pas si commun, reste dessus de la mêlée dans le ronron de la comédie française. J.M.
| 2 mars 2022 en salle / 1h 40min / Comédie De Alain Guiraudie Par Alain Guiraudie, Laurent Lunetta Avec Jean-Charles Clichet, Noémie Lvovsky, Iliès Kadri |
