Dans les galettes cosmiques qui surplombent les arènes Picasso, le jeune Kaleb s’accroche aux souvenirs de sa vie passée, entouré de ses TN en attente d’acheteurs et de son vivarium improvisé. Une passion qui va le mener à acheter à la sauvette une petite d’araignée d’origine inconnue, qui ne restera évidemment pas longtemps dans sa boite à chaussure: mauvaise pioche, la bestiole est non seulement mortelle, mais prolifère à une vitesse grand V. Clairement, la bombe Baygon ne servira plus à grand-chose…
En l’espace de quatre mois, le cinéma de genre français a déferlé comme jamais dans les salles obscures, à tel point qu’on se demande si nous ne vivons pas ce qu’on pourrait considérer comme «l’après-Titane»? Si on espère que le feu continuera à être alimenté, Vermines s’improvise quant à lui comme le clou final du cycle 2023, premier long d’un jeune réalisateur chevronné traînant une quinzaine d’années de courts-métrages derrière lui. Le tout visant le sous-genre so «b movie » du film d’attaques animales, peu prisé chez nous, il est vrai. Il s’en va rejoindre également la caste très serrée des rares titres hexagonaux à utiliser le décor, pourtant passionnant, de la cité, place déjà squattée avec grande maladresse par Kandisha ou La Tour.
Relocalisant l’idée de base du sympa et inoffensif Arachnophobie, Vermines ne joue ni la carte de l’horreur sympa façon Amblin, ni du cartoon debridé à la Arac Attack, les monstres à huit pattes: à vrai dire, ce qu’on imaginait vaguement fun tourne au cauchemar le plus total. Sous ses épaisses toiles, le film croit autant à ses créatures (superbe mélange de CGI et de vraies bêbêtes) qu’à ses personnages, dont un Theo Christine (découvert en JoeyStarr dans Suprêmes), assez touchant en grand enfant écrasé par le poids d’une double culpabilité. Si la nervosité de Vermines se court-circuite un peu lors d’un final plongeant à sec dans l’action pure, son détournement des clichés et sa manière d’irriguer naturellement d’inévitables thématiques écolo-sociales (coup de matraques et autre facho de service) confirment de jolies aptitudes de jonglage. Tous les ingrédients sont là pour lui assurer une bonne réception en salle. Tout ce qu’on lui souhaite ardemment. J.M.
27 décembre 2023 en salle / 1h 45min / Epouvante-horreurDe Sébastien Vaniček Scn Sébastien Vaniček, Florent Bernard Avec Théo Christine, Sofia Lesaffre, Jérôme Niel |

27 décembre 2023 en salle / 1h 45min / Epouvante-horreur