« Un beau matin » de Mia Hansen-Løve: rappeler encore et toujours à quel point Léa Seydoux est une super actrice

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Dans Un beau matin de Mia Hansen-Løve, on retrouve Melvil, une fois encore après le Frère et sœur de Arnaud Desplechin, dans une histoire avec des personnes âgées qu’on trimballe d’hôpitaux en EHPAD. On y retrouve aussi l’un des leitmotivs du dernier Festival de Cannes, là où il était d’ailleurs présenté à la Quinzaine des réalisateurs: les films qui commencent comme des téléfilms quali de France Télé et qui parviennent finalement à séduire sur la longueur. Le début du film est assez conforme à ce que pensent les détracteurs du cinéma dit bourgeois de Mia (bourgeois n’est pas forcément un gros mot, ça concerne la moitié des bouquins consacrés à l’histoire des chefs-d’œuvre du cinéma français): on y cite Annemarie Schwarzenbach et Klaus Mann (« le fils de Thomas! ») histoire de bien poser l’édifice du petit milieu parisien qui va nous être dépeint… Qu’est-ce que c’est que ces bibliothèques d’intérieur avec que des livres grand format et rien en livres de poche!!??? Nous n’avons décidément pas les mêmes problèmes logistiques…

Quelques mots sur le pitch, quand même: Sandra (géniale Léa Seydoux) est une jeune mère qui élève seule sa fille, et qui rend régulièrement visite à son père malade, Georg (un Pascal Greggory en fin de parcours). Alors qu’elle s’engage avec sa famille dans un lutte sans merci pour le faire soigner, Sandra fait dans un square la rencontre de Clément (Melvil Poupaud), un ami perdu de vue depuis longtemps… Alors que viennent les beaux jours de l’été, ils vont s’adonner à une passion ardente, quelque peu réfrénée par leurs obligations familiales et par leur vie d’à-côté. Avertissement à nos lecteurs les plus incontrôlables: le film donne furieusement envie de faire l’amour! Et restitue parfaitement ce moment où on sort les robes à fleurs et les chemises en lin, seul moment de l’année où l’on se fiche complètement que nos mains soient moites et nos peaux toutes collantes. On se sentait un peu tenus à distance par cette histoire en mode acte notarial façon Olivier Assayas (mais qu’est-ce qu’on va faire de tous ces cartoooonnns?) mais le film a suffisamment de coffre pour toucher aux tripes toute personne confronté à la déliquescence d’un proche. En gros, oui, c’est un film érotique et un film d’Ehpad en même temps: pourquoi pas!? G.R.

5 octobre 2022 en salle / 1h 52min / Drame, Romance
De Mia Hansen-Løve
Par Mia Hansen-Løve
Avec Léa Seydoux, Pascal Greggory, Melvil Poupaud

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