Dans un quartier populaire de Glasgow, Joseph est en proie à de violents tourments à la suite de la disparition de sa femme. Un jour, il rencontre Hannah. Très croyante, elle tente de réconforter cet être sauvage. Mais derrière son apparente sérénité se cache un lourd fardeau : elle a sans doute autant besoin de lui, que lui d’elle.
Grossièrement, il y a deux sortes de films britanniques : les films en costumes qui étudient la vie des riches et les films contemporains qui étudient la vie des pauvres. Ce qui diffère dans les films contemporains, c’est le registre (comédie, pamphlet social). Tyrannosaur, qui est un film contemporain, explore la face sombre du drame relationnel. Manifestement, on n’est pas là pour rire mais ça ne retire rien aux qualités du premier film de Paddy Considine réalisateur (vu notamment en père aimant dans In America, de Jim Sheridan). D’abord, il n’a pas de message à vendre. Sa description s’attache beaucoup plus aux aspects affectifs que documentaires. Ensuite, Considine qui a écrit le script parle de ce qu’il connaît (l’alcool et la religion comme refuges à une existence insoutenable). Le contexte Irlandais est montré lucidement, sans indulgence. Comme on peut s’y attendre avec le passage à la réalisation d’un comédien, les acteurs ont la part belle : Peter Mullan joue un alcoolique brutal et Olivia Colman, une femme aussi mal barrée que lui, faussement rédemptrice. Considine les cadre de près et leur laisse tout loisir de s’exprimer. A leur crédit, d’excellentes performances. Le revers de la médaille, c’est que Considine les aime trop pour leur couper le sifflet lorsque c’est nécessaire. Le film, d’une noirceur implacable, n’évite ni la complaisance doloriste ni les maladresses d’écriture. Toutefois, il est racheté par une résolution assez habile sur un air pourtant connu.

