« Toute une nuit sans savoir » de Payal Kapadia: film d’obscurité, d’absence et d’égarement sensoriel

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Un film produit par une société de production baptisée Petit Chaos ne pouvait nous laisser indifférents. Accompagné par un Oeil d’or glané au dernier Festival de Cannes – le film figurait à la Quinzaine, où nous avons peu eu le temps de traîner nos guêtres cette année – A night of knowing nothing plonge le spectateur dans la correspondance entre une étudiante indienne et son amoureux absent, échange «à une voix» qui témoigne des évolutions politiques du pays (où l’explosion des frais de scolarité menace la plus grande démocratie du monde, et où les journalistes prenant position contre le système de castes, contre les partis nationalistes et pour la liberté de presse risquent l’assassinat, rappelons-le). C’est un film d’obscurité, d’absence et d’égarement sensoriel, comme en témoigne ce premier plan marquant où des jeunes s’ambiancent en soirée sans aucune piste son… On ne sait pas toujours ce qui apparaît à l’écran, et on ne sait pas toujours si nous sommes dans le registre de l’archive ou du footage récent: c’est la grande réussite de ce film aux mille éclats, chamarrant autant de sources d’approvisionnement que de matières filmiques (photogrammes? 35? Super 16?). G.R.

13 avril 2022 en salle / 1h 39min / Documentaire
De Payal Kapadia
Par Payal Kapadia
Avec Bhumisuta Das
Titre original A Night Of Knowing Nothing

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