« Plus un tour de passe-passe qu’une exploration »: « The Zone of Interest » vu par Paul Schrader

0
1019

Le réalisateur Paul Schrader donne son point de vue sur The Zone of Interest, réalisé par Jonathan Glazer.

« The Zone of Interest, vu au NYFF, est un film assez génial. C’est un exemple typique des dispositifs de distanciation que j’ai décrits dans la mise à jour de mon livre-manifeste Transcendental Style in Film. Ozu, Bresson, Dreyer: caméra statique, pas de panoramiques ou d’inclinaisons, compositions planimétriques, pas de surimpressions, pas de premier plan, compositions centrées, éclairage plat, pas de musique, effets sonores exacerbés, pas de gros plans, longues prises de vue, jeu d’acteur sans expression. Dans le Transcendal Style et le Slow Cinema, ces dispositifs de distanciation sont utilisés pour forcer le spectateur à trouver le mystère sous la surface. Mais dans Zone of Interest, il n’y a pas de mystère sous la surface. Sous la surface (littéralement à côté) se trouve Auschwitz, un chapitre très familier de l’histoire et du drame. Dans ce cas, le spectateur sait exactement ce qu’il y a sous la surface, ayant vu et lu des centaines de films, de livres, de documentaires et de photographies sur le plus célèbre de tous les camps de concentration. Un style conçu pour voir l’inconnu est utilisé pour la raison opposée. Le résultat final ressemble plus à un tour de passe-passe qu’à une exploration. » P.S.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici