« The Whale » de Darren Aronofsky: le revival de Brendan Fraser

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Découvert à la Mostra de Venise, The Whale de Darren Aronofsky se présente comme la transposition de la pièce de théâtre éponyme créée par Samuel D. Hunter. À l’instar de Mickey Rourke dans The Wrestler, c’est le retour de Brendan Fraser sur le devant de la scène, au sens propre. 

À défi extrême, film extrême. Comme on peut s’en douter avec le réalisateur de Black Swan, Requiem for a dream et Mother! The Whale, le nouveau film de Darren Aronofsky (qui sortira dans les salles françaises le 23 février), se veut une expérience. Une adaptation de la pièce de théâtre claustro de Samuel D. Hunter, que le cinéaste a découvert en 2012 lors d’une représentation.

Bluffé par son impact émotionnel, il a mis quasi 10 ans à la transposer, cherchant l’acteur idoine pendant toutes ces années… Jusqu’à ce qu’il pense à un oublié de tous: Brendan Fraser! Aronofsky parle de son choix à Samuel D. Hunter. L’écrivain ne masque pas sa perplexité, se demandant bien ce que l’acteur jadis successful de La momie et de George de la jungle pouvait bien faire dans son univers. Et puis, ce dernier s’est souvenu après coup, à juste titre, que l’acteur était formidable dans un film qui l’était lui aussi: Gods and Monsters (Bill Condon, 1998). Aronofsky a obtenu l’accord du dramaturge, a pu contacter Fraser, aujourd’hui âgé de 53 ans. Lors de leur rencontre, il lui parle d’un acteur en quête de résurrection. Fraser, lui, veut disparaître derrière un personnage pour se perdre. Et accepte le challenge.

Dans la pièce d’origine, le principe est simple: on ne sort pas d’un même lieu, en l’occurrence l’appartement du personnage principal, un professeur d’anglais esseulé, atteint d’obésité morbide (Brendan Fraser donc, de retour au premier plan après sa longue traversée du désert) qui essaye de renouer le contact avec sa fille de 17 ans (Sadie Sink, la superstar qui monte, vue dans la série Stranger Things). The Whale se veut au diapason, se déroulant sur 5 jours. Après avoir abandonné sa famille pour son amant qui vient de mourir, le personnage principal est tombé par souffrance et culpabilité dans une grave addiction à la nourriture. Pesant 272 kilos, il est dans l’incapacité de se déplacer sans assistance. Pour celles et ceux qui connaissent le cinéma de Darren Aronofsky sur le bout des doigts (adepte de la caméra subjective et des univers mentaux), difficile de ne pas faire de lien avec les personnages solitaires de Pi, Requiem for a dream (le personnage de Sara Goldfarb jouée par Ellen Burstyn) ou même Mother!, son dernier long métrage en 2017. Réalisateur qui brûle tout sur son passage, The Whale promet de s’inscrire comme The Wrestler (2008) dans la carrière de Darren Aronofsky, son film de résurrection après l’échec de son film personnel, maudit et aimé-par-ceux-qui-aiment-l’amour The Fountain (2006). Comme possédé par la performance de Mickey Rourke, le film d’Aronofsky avait remporté le Lion d’or en 2008, des mains d’un Wim Wenders bouleversé.

Aussi, comment l’équipe et donc l’acteur ont-ils relevé la gageure d’un film avec Fraser pesant 272 kilos, seul dans son appartement? On en apprend (un peu) plus dans le dernier Vanity Fair revenant sur la conception du film: le spécialiste de maquillage Adrien Morot qui connaissait bien Aronofsky et Fraser pour avoir travaillé avec eux respectivement sur The Fountain en 2006 et sur La Momie: La Tombe de l’empereur Dragon en 2007, a apporté sa contribution. Ainsi, le costume, après avoir été conçu en digital, a été imprimé en 3D. Et selon les besoins des différentes scènes, ledit costume était adapté, pesant de 25 jusqu’à 150 kilos. Des membres de l’équipe étaient évidemment là pour aider Brendan Fraser à se mouvoir, à s’assoir, à faire le trajet entre le plateau et la salle de maquillage. Afin que le corps puisse apparaître réaliste dans ses mouvements, des CGI ont été appliqués en post-production. Pour incarner ce personnage de façon réaliste, Brendan Fraser a par ailleurs travaillé avec l’Obesity Action Coalition, a étudié les particularités de l’obésité morbide et s’est plongé dans un grand nombre de films pour comprendre comment jusque-là les obèses étaient représentés. Car il n’est pas question dans The Whale de se moquer du personnage principal, mais bien d’éprouver de l’empathie.  A.V.

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