[CRITIQUE] THE POWER de Corinna Faith

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Londres, 1974. Alors que le Royaume-Uni se prépare à d’importantes coupures d’électricité, une infirmière débutante arrive pour son premier jour au sein de l’équipe de nuit d’un hôpital délabré. La majorité des patients et du personnel ayant été évacués vers un autre hôpital, elle se retrouve presque seule dans ce bâtiment lugubre. Mais derrière ses murs se cache un lourd secret qui va contraindre l’héroïne à affronter ses peurs les plus profondes et à se confronter à une force maléfique. Le sous-texte social du black-out est plutôt original, piste sur laquelle le récit s’engage au début, mais très vite, c’est à une énième affaire de possession que le spectateur doit affronter avec son héroïne, cochant toutes les cases du genre vu et revu, tout en tentant une réflexion sur le pouvoir, exactement comme son titre le surligne (qui en use?), dans cet univers strict et en même temps tout en dérèglements secrets. Certes, les efforts sont méritoires: une ambiance riche en éclairages blafards, un regard sur le joug patriarcal avant l’heure (le script a été écrit en 2012) et une volonté d’user de tous les artifices cinématographiques (cadrage, son, mouvement de caméra, hors-champ, couleur…) pour provoquer des sensations viscérales façon Dario Argento des grands jours. Mais ces derniers ne prennent jamais et cette artificialité appliquée tend au contraire à nous sortir du film qui, du coup, se résume à regarder les deux trois expressions de l’actrice. La faute aussi à un défaut d’écriture sur les personnages secondaires, stéréotypés, qui voudraient renfermer des mystères et dont personne ne fait grand-chose. Surtout, le film, tiré à quatre épingles, très soigné dans sa reconstitution d’une époque, loupe tragiquement l’essentiel: il n’est jamais effrayant. Et s’effondre littéralement à la fin dans le Grand-Guignol le plus assourdissant. T.A.

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