On avait laissé le pilote de The Last of Us sur un constat contrasté, la franchise ayant réussi le périlleux passage de la console à l’écran, sans toutefois sortir du cadre des séries HBO lambdas. L’épisode 2 s’ouvre sur une fausse piste, premier véritable écart au jeu vidéo: un flashback à Jakarta en Indonésie, aux premières heures de la pandémie. On retrouve dans cette séquence la même tonalité prémonitoire et fataliste face à une catastrophe en approche qui irriguait la série Chernobyl de Craig Mazin.
Neil Druckmann, qui passe pour la première fois à la réalisation, s’essaie à une vraie scène de terreur avec l’autopsie gore d’un des premiers contaminés par le cordyceps. C’est cette même horreur biologique qui donne toute sa puissance à la fin de l’épisode, autre sortie de route de la série par rapport à son modèle. Les contaminés ne font qu’un, reliés par le réseau quasi neuronal que forment entre eux les champignons. Un seul et même cerveau. C’est ainsi qu’ils communiquent entre eux et attaquent le trio de protagonistes. Entre ces deux séquences, on ne sort hélas pas du cahier des charges HBO: ton « sombre et mature », enjeux qui se déroulent très lentement, sacrifice d’un des personnages principaux… Néanmoins, tout ceci est suffisamment bien fait pour qu’on se laisse convaincre de continuer, dans l’espoir d’être – peut-être – enfin récompensés pour notre labeur. M.B.

| FYI > Dans ce second épisode, on voit le cordyceps transformer les humains en zombies violents. Et… ça existe pour de vrai. C’est d’ailleurs en regardant un documentaire scientifique de la BBC, Planet Earth, que Neil Druckmann dit avoir eu l’idée de The Last of Us. On y voit une fourmi en train de respirer les spores d’«un champignon tueur». Peu à peu, elle perd son équilibre et s’éloigne de ses congénères avant de succomber. Elle est ensuite comme consumée de l’intérieur par le parasite, qui finit par repousser sur le corps de sa victime. Une fois à l’air libre, il libère de nouvelles spores prêtes à toucher de nouvelles proies. Détruisant jusqu’à des colonies entières de fourmis. |
