« The Impossible » raconte comment un couple et leurs enfants (des survivants espagnols, ici américains – Naomi Watts, Ewan McGregor et leurs trois fils), en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. C’est l »histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes.
Au départ, on redoute le pire : le terrorisme lacrymal, le racolage, le voyeurisme, la complaisance poids lourd. Quel intérêt, en effet, d’aller au cinéma pour voir une catastrophe naturelle, déjà enregistrée sur des vidéos amateurs cauchemardesques ? La question peut légitimement se poser. Mais, surprise, « The Impossible » vaut mieux. Tout simplement parce que, même si le film se nourrit de cette réalité, on est avant tout au cinéma, dans une expérience immersive.
Si la pertinence, les choix, les messages et les points de vue peuvent s’avérer discutables, ils rappellent la fonction première d’un film cathartique à vocation universelle, qui s’attache à une famille blanche américaine pour parler du monde entier. Les autres survivants sont décrits à travers eux : le peuple thaïlandais est dépeint comme compatissant et aidant, un des enfants de la famille aide des personnes de nationalités différentes à se retrouver – comprendre les Etats-Unis venant à la rescousse des autres pays -, un autre couple américain croisé par le père joué par Ewan McGregor passe pour égoïste même dans la tragédie.
On va sans doute reprocher au film ces caractérisations, mais dans ce cas il faudrait renier tout le cinéma de Steven Spielberg auquel on pense beaucoup, que ce soit dans la terreur aquatique (« Les Dents de la mer »), la catastrophe à échelle humaine (« La guerre des mondes »), l’utilisation de motifs (« La liste de Schindler ») ou la bonté et la force des enfants (« A. I. », « L’empire du soleil », « E.T. »). Sans surprise, cette production 100% espagnole tend vers le divertissement Hollywoodien qui donne à voir, à s’émouvoir et à trembler. C’est aussi et surtout du cinéma sensoriel et tripal où les stars n’ont pas peur de se mettre en danger – Naomi Watts prend très cher – et qui témoigne d’un travail hallucinant sur le son et l’image.
Mixé et diffusé en IMMSOUND (une technologie de son 3D), le film permet au réalisateur Juan Antonio Bayona venu du cinéma fantastique (« L’orphelinat ») d’exploiter visuellement le contexte du Tsunami, d’expérimenter toutes les sources et tous les effets horrifiques imaginables, surtout dans la première heure qui contient suffisamment de violence et d’ultra-réalisme pour prendre en haleine. Cet exploit technique qui rend vraisemblable l’invraisemblable, on le doit à un gigantesque studio des environs d’Alicante, en Espagne.
Le travail accompli, qui place les acteurs au cœur des enjeux, est proprement hallucinant, d’une efficacité maximale. A tel point que l’on regarde « The Impossible » avec le même mélange de fascination et de répulsion qu’un accident à grande échelle. Préparez-vous à un choc.

