Christian (James Deen), jeune producteur de films ambitieux, est amoureux fou de Tara (Lindsay Lohan), une actrice qu’il abrite sous son toit. Obsédé par l’idée qu’elle le trompe, Christian fait suivre Tara et découvre qu’elle entretient effectivement une liaison.
Sa jalousie se fait d’autant plus grande que l’amant de Tara n’est autre que Ryan (Nolan Gerard Funk), ex petit-ami de cette dernière qu’elle a imposé sur le futur projet cinématographique de Christian. Le producteur décide alors de les piéger tous les deux, sacrifiant au passage ce qui lui reste d’humanité dans des jeux pervers et violents.
Sa jalousie se fait d’autant plus grande que l’amant de Tara n’est autre que Ryan (Nolan Gerard Funk), ex petit-ami de cette dernière qu’elle a imposé sur le futur projet cinématographique de Christian. Le producteur décide alors de les piéger tous les deux, sacrifiant au passage ce qui lui reste d’humanité dans des jeux pervers et violents.
En surface, The Canyons a tout pour devenir culte : Paul Schrader à la réalisation, Bret Easton Ellis au scénario, un casting sexy (une starlette dévergondée et une star du porno en couple). En substance, le discours du film et les frasques façon « Hollywood Babylone » (les caprices de Lindsay Lohan, son manque de rigueur, les overdoses, les disputes, les remontages etc.) qui l’entourent sont plus intéressants que ce que l’on voit à l’écran. A une époque de standardisation, The Canyons ressemble à un produit mutant piochant un peu dans toutes les époques. L’esthétique années 90 renvoie aux thrillers méta maquillés en nanars érotiques qui, sous couvert de dénoncer la vulgarité, se bornaient à être vulgaires. Il y a bien des restes de la liberté sexuelle des années 70 mais dans des décors inhospitaliers de soap opéra high-tech, mise en valeur par des effets de lumière kitsch hérités des vieux pornos ou alors à travers un Iphone – donc plus contemporain.
Financé en toute indépendance, The Canyons aurait pu être le nouveau Mulholland Drive n’était aussi anémique. L’écrivain Bret Easton Ellis, ici scénariste à la plume arrogante, a confondu ses fantasmes avec la réalité – plus complexe – de l’industrie cinématographique et que toutes les scènes outrées sont des prétextes, soit à du recyclage, donc de l’autocitation et de l’autoparodie, soit à de la pseudo-transgression. Revendiquant deux influences (Les Ensorcelés de Vincente Minnelli et Les Désaxés de John Huston), Paul Schrader court après la folle élégance des heures de gloire (Hardcore, American Gigolo ou même Etrange séduction) sans y parvenir. Reste un couple diabolique, fascinant : d’un côté, Lindsay Lohan, star dépravée et anxieuse, boursouflée façon Elisabeth Taylor chez Joseph Losey ; de l’autre, James Deen, acteur venu du X qui a tout compris avant tout le monde, euphorique à l’idée de faire autre chose de son corps. Jusque dans leur interaction, ces deux-là témoignent du chaos de l’époque, soumis à la paranoïa, à la perte d’identité et à l’absence d’intimité. A l’inverse, Paul Schrader et Bret Easton Ellis, eux, appartiennent à un monde ancien, repliés sur le passé, et du coup paraissent moins connectés, farouchement rétifs au cinéma 2.0 qui se consomme sur les ordis et les tablettes et dont, pourtant, ils cherchent à être les précurseurs.


