Au fait, on a vu « Thanksgiving: la semaine de l’horreur » de Eli Roth

0
856

Un an après qu’un Black Friday a viré au chaos, un mystérieux tueur s’inspire de la fête traditionnelle de Thanksgiving et terrorise la ville de Plymouth dans le Massachussetts, berceau de la célèbre fête. Alors que les habitants sont éliminés les uns après les autres, ces meurtres qui semblaient aléatoires, révèlent un plan plus vaste et sinistre. Les habitants découvriront-ils le tueur et survivront-ils à la fête… ou deviendront-ils les invités de son dîner de Thanksgiving complètement tordu?

Il y a 16 ans de cela (vous les voyez les rides??), Quentin Tarantino et Roberto Rodriguez se serrent la pince autour d’un hommage effronté au cinéma de leur adolescence, aux salles de cinéma qui collent sous les pieds et à la bande de celluloïds en gruyère. Cela donne lieu au diptyque Grindhouse comprenant deux films, respectivement Boulevard de la mort et Planète Terreur. Là-dessus, viennent se greffer de nombreux faux trailers de films. Parmi eux, Machete qui, surprise, connaîtra un format rallongé façon «film culte au forceps». Et voyez-vous que seize fucking années plus tard, Eli Roth étire à nouveau comme un élastique son Thanksgiving, au départ donc simple fausse bande-annonce et sortant aujourd’hui comme… un formidable câlin pour l’amateur de slashers du début des années 80.

Meurtres sauvages et horny, synthé baveux (en réalité piqué à la BO de Creepshow), image poisseuse et destruction en règle des bonnes valeurs américaines. On serait presque tenté de dire que de tous ces films, Eli Roth est en vérité celui qui s’en tire le mieux en termes d’authenticité. De là à en faire un long… Et puisque nous sommes dans l’introspection, rappelons que passé le buzz Cabin Fever/Hostel (dont on préfère très largement la suite), Eli Roth n’a jamais su vraiment se relever, rejoignant la liste des shining stars de l’horreur des années 2000, depuis tombées en disgrâce (Rob Zombie, Neil Marshall, Nacho Cerda…). On soupçonne que la vision d’un certain Terrifier, le mega slasher fauché et dégueu en train de gravir la montagne du culte, et un certain besoin d’argent ont peut-être motivé Roth à rouvrir son armoire à idées. La vieille marmite, la soupe, tout ça…

En l’état, l’existence tardive de Thanksgiving réussit à se justifier en greffant son intrigue sur les dérives du black friday, cette très fameuse vague de promotions qui a maintenant contaminé l’Europe et rendent les gens plus fous que fous. Durant une longue intro hargneuse en plein centre-commercial assailli, Thanksgiving est déjà un film d’horreur avant de lancer son tueur en chef: terrifiant parce que probable, et pas si drôle car… beaucoup trop probable! Roth plante sa tente en idiocratie, flinguant prolo, bourgeois, flics, jeunes et vieux avec une acidité – rare dans le slasher – qui fait un bien fou. Très classique dans son déroulé et sa forme (abandonnant ses velléités «grindhouse» pour un visuel presque anonyme), Thanksgiving marie l’efficacité sans chichi d’un néo-slasher avec une méchanceté crasse bien actuelle: les mises à morts, brillamment exécutées, gorissimes et douloureuses, ne volent pas sur le territoire de la surenchère d’un certain Damien Leone (quoique…) mais font tourbillonner de plaisir à l’heure où un certain requin rétablit le pg-13 à bout de bras. La dinde est décidément à point. J.M.

29 novembre 2023 en salle / 1h 47min / Epouvante-horreur
De Eli Roth
Par Jeff Rendell
Avec Patrick Dempsey, Addison Rae, Milo Manheim
Titre original Thanksgiving

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici