Rallongeant la sauce d’un court et d’un long-métrage confectionnés avec ses petites mains (Terrifier et All Hallows’Eve), Damien Leone a créé la surprise en 2016 avec Terrifier, film d’angoisse à petit budget proposant un concept pas vraiment du genre à réinventer la roue: un clown qui tue. Voilà, bonsoir. RESTE qu’on n’avait pas vu un boogeyman aussi impressionnant depuis très longtemps, doublé de scènes gores qui ne rigolent pas. Malgré sa distribution sans grand bruit (le film n’a été ajouté que récemment en catimini sur Prime) le bouche-à-oreille va très certainement lui assurer une petite aura culte avec le temps. En route pour la suite alors!
Attendu depuis plusieurs années, repoussé, et balancé tel un blockbuster taillé pour la spooky season, Terrifier 2 défrise au passage le box-office américain, sort directement en vidéo en Angleterre, et atterrit miraculeusement dans nos salles avec un coup de poker orchestré par les mêmes funambules responsables de la sortie de The Sadness: sacré pari! Terrifier 2 se distingue aussi par une «particularité» qui ne ravira pas tout le monde: à vouloir offrir la suite bigger and louder attendue, le brave Leone (qui n’a rien de Sergio) a eu les yeux plus gros que le ventre et son très long métrage plafonne les 2h20! Si l’influence des durées (maintenant standard) du MCU commence à contaminer la série B horrifique, on dit bip. Stop in the name of love.
Tel Michael Myers, Art le clown revient fêter Halloween à sa manière et s’en va poursuivre, on ne sait vraiment pourquoi, une jeune fille et son petit frère, dont le défunt père semblait bel et bien au courant des agissements du boogeyman. Pour donner de la texture et de la mythologie à son personnage, Leone continue d’y insérer du fantastique par petite touche, chahutant parfois la modestie du propos initial, y allant parfois assez peu finement (la longue scène onirique d’une gratuité totale) sans toutefois se perdre dans des surexplications envahissantes. Il ira jusqu’à offrir à Art une Harley-Quinn purement décorative et imaginaire… du moins pour le moment…
On ne s’ennuie pas vraiment, c’est vrai, et on préfère largement cette approche régressive et eighties à celle, prétentieuse, des Halloween Kills/Ends, mais le fait est là: rien ne justifiait une durée aussi délirante, en bon slasher basique qu’il est. Côté foire à la tripaille (et garantie sans CGI), le film ne fait clairement pas dans la dentelle, en particulier lors d’une longue mise à mort très éprouvante transformant une chambre de Barbie en abattoir, et on est – parfois – prêt à accepter la démesure évidente de ses débordements pour mieux mettre en avant son croquemitaine muet parfaitement malaisant. Le dernier acte, assez incompréhensible il faut le dire, promet en tout cas un troisième volet: on chuchotera tendrement, mais sûrement à son réalisateur d’ôter une heure à son Fort Boyaux pour en apprécier toute sa saveur de bonbon empoisonné. Courage. J.M.
28 décembre 2022 en salle / 2h 18min / Epouvante-horreur, ThrillerPar Damien Leone Avec Lauren LaVera, David Howard Thornton, Jenna Kanell |

28 décembre 2022 en salle / 2h 18min / Epouvante-horreur, Thriller
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