[CRITIQUE] SUICIDE SQUAD de David Ayer

Entre le battage sur Jared en Bozo le clown, les 30000 trailers par jour et la promo aussi laide que agressive (vous avez vu les affiches ? VOUS LES AVEZ VU??) , il était assez difficile de passer à côté du film qui prétendait enfin ouvrir les portes de l’univers DC après un Batman VS Superman inégal mais intéressant. Mais il y a autre chose aussi, quelque chose de plus chaos : tout comme Les gardiens de la galaxie et Deadpool chez Marvel, Suicide Squad était pensé comme un fourre tout punk, un truc peu méchant pour nous faire oublier le brushing impecc de Superman. Une recréation d’anti héros, un machin foufou pas très contrôlé mais rigolo, juste histoire de passer le temps tranquilou dans une salle de ciné. Sauf que si le film est bien une récréation, il en est sans doute aussi inoffensif qu’une véritable. Suicide Squad, quelle ironie msieurs dames, est un suicide. Et pas un beau.

Il y a des films qui laissent le doute, disons pendant un bon moment, mais avec Suicide Squad, on comprend très très vite qu’on a affaire à un éclopé rapiécé de toutes pièces avec des fils pas très solides ; résultat, le film file comme il peut, les tripes à l’air. Déjà parce que son premier tiers ressemble à une bande-annonce et ensuite parce qu’on cherche les scènes d’action, la cohérence, la drôlerie, la badasserie. Tout ça n’a n’a en réalité qu’existé dans la série de trailers, tous très réussis et funs, et pas du tout à l’image du film donc. Car oui, vendu comme le comble du film badmotherfucker, Suicide Squad n’est pas drôle du tout. On cherche l’éclate, la hargne. Et on a une équipe de freaks, faux méchants évidemment, qui passent leur temps à chialer : ouin ouin ma fille, ouin ouin le joker, ouin ouin ma fiancée possédée, ouin ouin ma famille, ouin ouin mon marienfermédansmonsabreparcequeyolo. Bienvenue à Ouin Ouin Squad.

Bien sûr, ne soyons pas naïfs, on sentait un peu le coup venir: ramené à un PG-13 des familles et reshooté en masse (avec son réalisateur tentant de nous faire croire que tout allait bien : qu’il est mignon), Sucide Squad avait peu de chances d’être un grand moment de cinéma subversif. En fait, il nous ramène même dans les années 2000, quand on ne savait pas trop quoi faire des super-héros et qu’on se retrouvait avec des machins comme Catwoman ou Daredevil. Et c’est là qu’on se dit qu’un film comme Watchmen fut clairement un miracle (vous savez le meilleur film de Snyder où on voit tout ce qu’on ne voit plus dans les films de super-héros?), qui ne se reproduira sans doute plus jamais. Ouin Ouin on vous dit.

Entre les tubes placés en mode random (Bohemian Rhapsody, oui, mais pourquoi ? Parce que), l’écriture au petit bonheur la chance, un couple de méchants à la Power Rangers (Clara Delevingne, pire witch bitch de l’histoire), des perso exploités n’importe comment (mention spécial à Slikpnot, uniquement là pour se faire buter) et des bastons où on ne voit rien : pas de doute, c’est bien la foire au suicide. Il reste quoi alors de tout ça ? On cherche, on cherche… Margot Robbie s’amuse – c’est peut-être la seule d’ailleurs – dans ce qui est la première incarnation ciné d’Harley Quinn, la fiancée déglinguée du Joker. Tellement de choses à faire avec mais un résultat minimum : aussi subversive que Katy Perry, la belle se voit même gommée sa légendaire relation sm avec clownie, preuve que tout le monde s’en foutait. Et puis il y a Viola Davis, bizarrement le personnage le plus ambiguë, le plus dark, le plus inattendu. Et ce n’est pas le nouveau Joker qui nous dira le contraire : après nous avoir bassiné pendant des mois avec ses grimaces et ses simagrées sur le plateau, Jared Leto nous sert le pire Joker ever, façon gangsta teubé échappé d’un clip d’un mauvais clip de rap. Il fallait passer après deux monstres (Nicholson et Ledger) et le constat sans appel : c’est dur, très dur, surtout quand on se concentre surtout sur la hype. Ah ben, ça valait bien le coup de pisser dans les céréales de Will Smith tiens…

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