[CRITIQUE] SOUL KITCHEN de Fatih Akin

Head On, Crossing the Bridge et De l’autre côté, les précédents longs métrages de Fatih Akin, marquaient avec plus ou moins d’ostentation la nécessité vitale du cinéaste de revenir à ses origines. Plus frivole, Soul Kitchen ressemble à un feel-good movie nostalgique et chaleureux qui a comme premier atout de ne pas imposer sa bonne humeur au spectateur comme un ordre. Mieux vaut goûter ce plat épicé avant d’en déterminer la saveur : contrairement à une majorité de films prétendant vendre le bonheur en bobine, Soul Kitchen séduit précisément pour l’inverse : la sensation de liberté qui donne vie à la peinture acerbe et tendre d’une génération un peu paumée mais qui préfère en rire. Jouant sur les caractères et les lieux, Fatih Akin se raconte à travers un restaurateur qui lui ressemble beaucoup (Adam Bouskoudos, à la fois acteur et scénariste) en déréglant sa vie avec des choix sentimentaux et professionnels et en ressuscitant un fantôme de l’enfance qui a mal vieilli (l’ancien camarade de classe devenu agent immobilier).

Ce combat pour sauver un restaurant de sa ruine et du rachat ressemble à une lutte engagée contre le capitalisme – auquel Fatih Akin oppose une vision baba de fantasme communautaire. Au niveau de la narration, il s’attache à faire glisser imperceptiblement des petites histoires éclatées vers celle, plus grande, d’un portrait de groupe, en mêlant habilement un humour décapant et une émotion sous-jacente, toujours prête à affleurer. Multipliant les bonnes idées (l’orgie dans le restaurant à cause des aphrodisiaques dans la nourriture, la séance chez le chiropracteur), le film distille quelques blagues teintées de désespoir sans jamais perdre la justesse et l’humanité qui caractérisent des personnages. Bravo aussi aux acteurs qui contribuent à l’euphorie générale (Adam Bousdoukos, Moritz Bleibtreu, Birol Ünel). Bien que brèves, les séquences avec Udo Kier valent à elles-seules le déplacement.

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