History of violence. Philadelphie. Il y a trente ans, la famille de Michael a recueilli Peter à la mort de son père, dans des circonstances opaques. Aujourd’hui, Peter et Michael sont deux petits malfrats aux tempéraments opposés. L’un est aussi violent et exubérant que l’autre est taciturne. Quand Michael est désigné comme «gênant» par la mafia italienne, le passé trouble de la famille ressurgit…
Réalisateur français de Bluebird (2018), Jérémie Guez propose pour cette seconde fois un polar américain (produit par Killer Films), mais au sang frenchy et rock’n’roll, dont l’aspect dramatique ravira les plus grands fans des genres «bromance» et «crime story». À ce jour, ce micro-genre cherche encore son acmé, qu’on situe çà et là depuis une quinzaine d’années tant l’apparition de nouveautés surgit de manière aléatoire. Matthias Schoenaerts y interprète un caïd tourmenté, sujet durant le film à des crises de réminiscences morbides, qui cherchera, par tous les moyens, à éviter d’être témoin d’une nouvelle catastrophe, aussi traumatisante que celle de son enfance. Un effort qui marque le film d’une tension grandissante, que l’on aime à suivre, et qui réussit à capter notre attention naturellement, aussi bien à l’image qu’au son, tous deux manigancés dans les règles de l’art – pour notre plus grand plaisir.
On appréciera aussi le revival de Ryan Phillippe, superstar des films d’ados de la fin des années 90 (Sexe Intentions, Souviens-toi…l’été dernier), dans un rôle sérieux et important, placé au centre gravitationnel des préoccupations du petit groupe de cousins, amis et «presque frères», originaires de Philadelphie, en Pennsylvanie. Une plaque tournante historique du crime organisée aux Etats-Unis. Un lieu où irlandais et italiens se bagarrent depuis que le monde est monde dans les nouvelles terres, par-delà les océans. Problème: passé l’émerveillement de la découverte du propos, et l’appréciation du décor, on observe d’étranges analogies avec certaines oeuvres bridées par leur budget, ou découpées par des productions, voire rognées à cause de leur durée. On aurait aimé que le beau geste se prolonge dans la durée mais aussi, qu’il aille plus loin dans la radicalité, et la violence – obligatoirement spectaculaire – pour réussir à marquer l’histoire du genre à long terme. Reste que l’auteur français est plutôt bien parti dans la poursuite d’un rêve américain de cinéma. S.R.
| JEREMIE GUEZ, FRENCH AUTEUR Sons of Philadelphia est le second long métrage du romancier et scénariste Jérémie Guez après Bluebird, dans lequel un ancien prisonnier cherche à venger la fille de sa logeuse victime d’une agression. C’est une adaptation du roman Brotherly Love écrit par Peter Dexter et publié pour la première fois en 1991. Trois autres de ses ouvrages ont donné lieu à des films: Paris Trout, Deadwood et The Paperboy. Sinon, c’est principalement parce que Way of the Gun de Christopher McQuarrie est son film préféré du 21e siècle que Jérémie Guez a choisi l’acteur Ryan Phillippe. L’acteur y jouait, aux côtés de Benicio Del Toro et James Caan, un petit malfrat pris dans une spirale de violence après un kidnapping. |

