This is not America. Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire. Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden décide de rassembler des preuves et de tout divulguer. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifiera sa liberté et sa vie privée. En juin 2013, deux journalistes prennent le risque de le rencontrer dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Une course contre la montre s’engage pour analyser les preuves irréfutables présentées par Snowden avant leur publication. Les révélations qui vont être faites dans cette pièce seront au cœur du plus grand scandale d’espionnage de l’histoire des États-Unis.
Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Vous allez le lire (un peu) partout et c’est (un peu) vrai: Oliver Stone, qui n’avait rien produit de percutant depuis son indigeste Alexandre (2005), reprend (un peu) du poil de la bête avec ce biopic consacré à Edward Snowden. Même si, ne nous voilons pas la face non plus, tout ça est (un peu) has-been. Comprendre par là que Stone est resté coincé dans les années 90 et filme donc une histoire contemporaine avec un style désuet de thriller paranoïaque technoisant pré-2.0. En d’autres termes, une telle histoire aurait été parfaite pour le Oliver Stone de Tueurs nés et U-Turn, mais pas sûr qu’elle sied au Stone d’aujourd’hui, fatigué-néanmoins-engagé ayant commis World Trade Center. Ainsi, voir Snowden, c’est (un peu) rendre visite à son tonton grabataire qui ressasse en boucle ses vieux souvenirs, persuadé de tout savoir sur le monde qu’il va mal entre Trump et Daesh.
Mis à part cette désuétude (qui peut faire office de qualité pour d’aucuns, fatigués par la modernité et le progrès), le film se regarde (un peu) ne serait-ce pour son histoire forcément passionnante même si déjà connue. Au gré de flashbacks, Stone commence son récit lorsque le lanceur d’alertes ancien consultant de l’agence de renseignement NSA donne rendez-vous à une documentariste américaine dans un hôtel de Hong Kong en juin 2013. Sans vraiment savoir à quoi s’attendre, cette dernière s’y rend accompagnée des journalistes du Guardian et Snowden de leur dérouler son histoire. Le problème majeur, c’est que ce climax a donné lieu à un documentaire puissant synchrone avec notre univers 2.0. Soit Citizenfour, montrant Snowden calme mais anxieux en train d’expliquer le système Prism d’espionnage des communications et des données électroniques de la NSA.
En fait, l’échec de la démarche de Stone, et il le sait pertinemment, c’est qu’aucune fiction ne peut être plus forte que la réalité. Heureusement, moins Stone est dupe, plus il est fun, à l’aune de cette introduction où il incite en personne les spectateurs ne pas utiliser leurs Smartphone. Son cynisme désabusé a toujours fait florès dans ses meilleurs longs métrages (L’enfer du dimanche, 2001). Autrement, son casting est super solide. En geek musclé qui a des couilles en acier, JGL se révele crédible. A ses côtés, Shailene Woodley choupie, Rhys Ifans sérieusement drôle, Nicolas Cage sous Tranxene, Melissa Leo méconnaissable, Zachary Quinto sobre et Ed Snowden en pochette surprise assurent. Le minimum syndical pour un film qu’on aime (un peu).


![[INTERVIEW] STARFIX , SA VIE, SON ŒUVRE / PARTIE 3](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2019/04/STARXX.jpg)