Damjan Kozole décrit l’expérience intime d’une étudiante call-girl qui vend son corps dans des hôtels de luxe à des politiciens étrangers et en propose une réflexion très contemporaine sur l’avidité sociale, la manipulation morale et l’exploitation sexuelle. S’il lève le voile sur un tabou (la prostitution estudiantine), le jeune réalisateur propose un contexte et une perspective politique, permettant de situer l’action pendant la présidence de l’Union Européenne par la Slovénie en 2008. Entre les lignes, il faut saisir la métaphore : la prostitution constitue le paradigme du capitalisme en pleine crise économique. S’il n’échappe pas à la démonstration poids-lourd, Slovenian Girl a cependant le mérite de la sécheresse dramatique, avec un refus de la mélodramatisation (l’héroïne se prostitue autant pour l’argent que pour la gloire et devenir «quelqu’un») et de la complaisance (aucune volonté de choquer, ni même d’émoustiller avec un sujet aussi sensible). La distance et la froideur qui en émanent donnent une vraie rigueur à ce récit d’ascension sociale par le sexe qui propose dans sa deuxième partie un basculement crédible vers le thriller paranoïaque. Enfant au beau visage d’ange et au regard de démon, Nina Ivanisin maintient le mystère. Fort de sa dimension allégorique, son personnage n’a aucune limite, pas plus qu’il n’entretient de lien affectif durable avec le monde extérieur – sauf avec son père, un ancien rockeur dépressif qu’elle souhaite épargner. A défaut de lui restituer son âme, Kozole préfère la définir en juxtaposant les pulsions qui la traversent et diriger l’actrice comme une poupée vidée d’émotion. En l’état, Slovenian Girl constitue une honorable prise de conscience, voulant rendre compte d’une réalité cynique et horrifiante. Il n’en reste pas moins que son argument aurait certainement été sublimé par un cinéaste de la trempe de Lodge Kerrigan (Claire Dolan).
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