Yeo-Jin n’a pas encore vingt ans ; elle vit avec son père veuf. Sa meilleure amie, Jae-Young, est prostituée. Problème : Yeo-Jin commet une faute aux conséquences funestes. Elle fait comme d’habitude le guet lorsque Jae-Young disparaît dans le motel avec un homme. Cette fois-ci, Yeo-Jin n’a toutefois pas remarqué les policiers qui traquent les prostituées mineures… De L’île à The coast guard en passant par le mirifique Printemps, été, automne, hiver et printemps, Kim Ki-duk est un cinéaste sud-coréen extrêmement doué qui ne cesse de bricoler des fictions élégiaques autour de personnages en panne d’eux-mêmes qui subissent des traumatismes douloureux et tentent de vivre avec. Samaria s’inscrit, avec une cohérence absolue, dans cette optique, racontant l’itinéraire pas gai d’une adolescente qui assiste au suicide de sa meilleure amie prostituée et décide de devenir une sainte dans un élan expiatoire. Un peu à la manière de La nina santa, mais dans une version moins sobre, moins elliptique, plus trash, plus déjanté.
Si Samaria n’est pas exempt de symboles religieux et de symboles tout court (eau, lac, péché, pardon…), ce n’est évidemment pas ici que réside l’attrait majeur de cette œuvre ambitieuse qui, de manière subtilement discrète, raconte quatre histoires en même temps (un drame sociétal sur la prostitution, une amitié féminine intense, un amour chien entre un père et sa fille, et une vengeance noire à la Park Chan-wook). Ces quatre sous-intrigues, au départ hétéroclites, finissent par se joindre dans un final grotesquement émouvant et sereinement rédempteur, ancré dans les conventions de ce réalisateur dont l’audace suprême consiste à nous faire croire en l’incroyable. Tout à la fois glauque et lyrique, beau et démesuré, dérangeant et intransigeant, Samaria, moins esthétisant et aussi incisif que les autres Kim Ki-duk, confirme le talent d’un artiste hors pair qui n’est pas que bon à filmer la beauté des lacs et le changement des saisons. Donc joie.
[critique] Samaria de Kim Ki-Duk
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