Panic Room. Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.
Wonderful, wonderful life. A priori, tout donne envie de fuir en courant dans Room… Mais vous êtes priés de rester. On a beau sentir à des kilomètres le produit calibré (Oscar de la meilleure actrice pour Brie Larson, adaptation cinématographique du best-seller de Emma Donoghue qui a d’ailleurs écrit le scénario du long-métrage…); on est bien pris au piège et on se fait totalement avoir. Pour trois raisons.
La première, c’est qu’il s’agit d’un beau film sur l’imagination, sujet inépuisable s’il en est, sur les surprises que réserve le monde extérieur et sur la manière dont un enfant réussit à s’extraire de sa condition et à magnifier un quotidien abject, de façon moins rock’n’roll que Le livre de Jérémie de Asia Argento mais de façon plus accessible et paradoxalement plus touchante.
La seconde, c’est l’interprétation qui hisse tout (vraiment tout) vers le haut. Comme vous, on déteste les enfants acteurs qui parlent, pensent comme des adultes et donnent envie de hurler HELP. Et pis les parcours d’enfants stars dans l’usine à rêves font froid dans le dos, à l’image de ce cher Macaulay Culkin ancien poupin a-do-ra-ble de Maman, j’ai raté l’avion et depuis junkie enferré dans la défonce. Ou encore de ce pauvre Haley Joel Osment, enfant star prodige du début des années 2000 vu dansSixième Sens et A. I. et depuis adulte obèse oublié de tous. Mais il faut reconnaître que le petit Jacob Tremblay (seulement 9 ans) est bluffant dans un rôle hyper difficile, s’exprimant comme un enfant de son âge et regardant le monde autour de lui avec la mélancolie d’un adulte. C’est un enfant qui découvre un monde nouveau avec les yeux de quelqu’un qui l’a longtemps fantasmé, qui a déjà vécu une vie et qui voit ses espoirs déçus. Jacob aurait bien mérité un Oscar mais c’était vraiment l’année de DiCaprio. D’autant qu’entre nous, un Oscar à 9 ans ne lui aurait certainement pas rendu service. Le duo qu’il forme avec la justement Oscarisée Brie Larson s’avère de toute évidence ce que le film a de plus beau et NON, il n’est pas honteux de trouver leur relation émouvante.
La troisième enfin, c’est que Room n’est pas un film si facile ou qui repose sur des facilités ou cherche à arracher des larmes. On lui sait gré par exemple de continuer son récit après la libération salvatrice et d’oser s’aventurer sur un terrain moins poli qu’ambigu, à savoir le retour au réel après la captivité. Comment cette libération n’en est quasi pas une, finalement. Comment les proches regardent cet enfant, avec tendresse et effroi, avec une part de fascination et une part de rejet inhérentes à sa condition de monstre. Il y a bien quelque chose de dérangeant et donc d’un peu chaos dans ce mélo faussement aseptisé où des touches de cruauté contredisent l’apparente innocuité. On n’en dira évidemment pas plus pour ne pas en révéler trop, pour une fois qu’un film Hollywoodien joue la carte de la surprise. Sachez juste que Room vaut mieux que tout ce qu’il peut inspirer au prime abord. Bien sûr, on ne manquera pas de lui reprocher quelques scories (sa musique, sa voix-off) mais Room a l’intelligence de placer l’émotion au premier rang et c’est le plus simplement du monde que l’on en sort juste ému. Mission impossible, mission accomplie.
PS. Sinon, on adore le compte Instagram très chaos de Jacob Tremblay.


