« Riverboom » de Claude Baechtold: un voyage jouissif direction l’an 2002, découverte chaos du mois au cinéma

LES ETOILES DE LA REDAC

Lucie Chiquer
Romain Le Vern
Gautier Roos

Incroyable mais vrai. Un an après les attentats du 11 septembre, le photographe Claude Baechtold se laisse embarquer par deux reporters risque-tout dans un périple à travers l’Afghanistan en guerre. Avec sa caméra vidéo achetée sur place, il va capturer en images ce road trip…

Un road-docu qui ne nous laisse pas au bord de la route. Une voiture qui fonce à toute berzingue sur une route désertique d’Afghanistan. Dedans, sur la banquette arrière, trois types qui se prennent le crâne: Paolo, «la tête brulée avec des grandes dents», Serge, «le moraliste qui a mauvaise conscience», et Claude, «le froussard sous sa couverture afghane». On est en 2002: année de passage à l’euro, du départ à la retraite de Saint Laurent, de la fin des Minikeums, de la réélection de Chirac, de la sortie du Seigneur des Anneaux – Les Deux Tours. Bref, une autre époque. Et tandis que le monde entier tente de se remettre des attentats du 11 septembre 2001, Claude (le froussard, celui qui tient la caméra, et qui finira réalisateur de ce film) se retrouve à filmer l’expédition de deux reporters un peu barjo qui ont en tête de faire un tour complet de l’Afghanistan, avec Kaboul comme point de départ. Le but? Vérifier si les Ricains font leur boulot (la fameuse Pax Americana) en priant pour ne pas tomber nez à nez avec des talibans. Pas vraiment photographe, pas vraiment journaliste, pas vraiment caméraman: Claude ne sait pas où il met les pieds. Nous, à l’inverse, on a rapidement l’intuition que ce documentaire ne ressemblera à rien de ce qui a été fait auparavant.

Pas besoin d’être calé en géopolitique pour prendre son pied: Riverboom est moins un documentaire sur la présence des États-Unis en Afghanistan qu’un cheminement émotionnel du narrateur. Celui d’aller de l’avant, de faire son deuil, de dépasser sa trouille viscérale, pour finalement s’autoriser à vivre de nouveau. Et ça, il le doit à ses deux compères de voyage, Serge et Paolo, qui l’entrainent dans des situations toujours plus grotesques: s’entretenir avec des leaders sanguinaires, manquer de se noyer dans une rivière en crue, faire copain-copain avec un bandit qui adore les armes à feux. Ça fuse de partout, et franchement, c’est l’éclate. On chiale, on rit, on ingurgite pas mal d’informations sur le conflit en Afghanistan (malgré tout), mais surtout, on finit un peu trop attaché à ce trio qui transforme ce qui aurait pu être un simple documentaire en un buddy movie aussi audacieux qu’hilarant. Et lorsque le générique de fin défile sur la (sublime) chanson Se bruchiasse la città de Massimo Raniera, on ne peut que remercier Claude Baechtold d’avoir perdu ces quarante cassettes vidéo pendant près de 20 ans et de nous offrir aujourd’hui ce petit Riverboom, grande capsule temporelle d’une autre époque.

25 septembre 2024 en salle | 1h 35min | Comédie, Documentaire
De Claude Baechtold | Par Claude Baechtold
Avec Claude Baechtold, Paolo Woods, Serge Michel
Ça fuse de partout, et franchement, c’est l’éclate. On chiale, on rit, on ingurgite pas mal d’informations sur le conflit en Afghanistan (malgré tout), mais surtout, on finit un peu trop attaché à ce trio qui transforme ce qui aurait pu être un simple documentaire en un buddy movie aussi audacieux qu’hilarant."Riverboom" de Claude Baechtold: un voyage jouissif direction l’an 2002, découverte chaos du mois au cinéma
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