Pornographie. Quand il ne travaille pas à l’usine, Lalo est un sex-influenceur mexicain qui se met en scène nu pour ses milliers de followers. Suite à un casting, il devient acteur porno en jouant Emiliano Zapata dans un film sur la révolution. Mais dans la réalité, Lalo semble vivre dans une mélancolie constante.
Melancholia. Avec un nom pareil, on nous l’avait vendu comme un diamant serti dans le marbre du chaos, exactement comme le glaçant Pleasure. Il faut dire que ça clignote un peu pour nous: sexe, mélancolie, solitude… Tout ça, on adore. Reste qu’avec un tel programme et un tel titre, faut être au niveau. Et le film de Manuel Abramovich s’avère ce que l’on appelle communément une bête de festival qui a voyagé du FIFIB au Chéries-Chéris. Soit un long métrage qui n’est, hélas, pas toujours à la hauteur des promesses de vente. Sur ce coup, on est chaos-mitigé. Si les dicks pics en bleu de travail peuvent évoquer l’univers d’Alain Guiraudie, la comparaison s’arrête là: Pornomelancolia travaille un sentiment beaucoup plus sombre, loin du bruissement émancipateur qui jalonne l’œuvre du cinéaste aveyronnais.
Le jeune Lalo n’a pour seule attache que les membres de ce plateau X en poncho passant le plus clair de leur temps à baiser (faut bien gagner sa croûte!) ou à nourrir à haute voix de vaines illusions sur leur condition, pas aussi rose qu’ils ne l’admettent. Scrollant frénétiquement à travers des DM Twitter où s’accumulent des messages à la fois réconfortants et déprimants (« Eres muy bien dotado, guapo« ), le film restitue assez bien une certaine idée de la neurasthénie-écran-rétina, trouble dont souffre à peu près 92% de la population mondiale. Mais, il faut aussi l’admettre, Pornomelancolia est fait d’une telle sécheresse, d’une telle retenue vis-à-vis de corps que la vie même semble avoir transformé en automates, qu’il finit par légèrement tourner en rond et quelque peu lasser. G.R.
21 juin 2023 en salle / 1h 34min / DrameDe Manuel Abramovich Avec Lalo Santos, Diablo, Brandon Ley Titre original Pornomelancolía |

21 juin 2023 en salle / 1h 34min / Drame