En apparence, Oxygène ressemble à un de ces téléfilms pédagogiques pétris de bonnes intentions qui précèdent usuellement les débats télévisuels. En fait, il vaut mieux que cette impression fugace. Ce coup d’essai, dont on retient plus les qualités que les défauts, se situe quelque part entre Never Let Me Go et La permission de minuit, deux récents films hantés par la morbidité où l’espoir fait vivre. Au-delà de la maladie (la fibrose kystique, une maladie génétique qui s’attaque aux poumons), le récit propose le portrait d’un adolescent qui, confronté à la mort, passe du morveux qui grille sa vie au jeune adulte rattrapé par sa conscience et obsédé par ce qu’il va laisser aux autres. Les questions qui en découlent sont moins mièvres que cruelles : quel est la part d’espoir lorsque tout est condamné à l’avance? Est-il possible de vivre une histoire d’amour?
Au contact des autres malades, dont un sosie blond de Colin Farrell qui devient à la fois son rival, son frère de substitution et son double, l’adolescent réalise le coût d’une vie et oublie ses caprices. Alors qu’il aurait tellement été facile avec un pareil sujet de sortir les violons et d’enfoncer les doigts dans les yeux, Hans Van Nuffel (seulement 29 ans) ne sombre pas dans la moralisation et réussit par intermittences à générer une vraie émotion. Avec une totale discrétion, il s’impose comme l’une des promesses du cinéma flamand, aux côtés de Michaël R. Roskam (Bullhead) et Pieter Van Hees (Left Bank).

