Faut que ça trucule! Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques.
Truculez, bordel, truculez! Cela faisait des mois voire des années que l’on n’avait plus de nouvelles du fameux projet de Kusturica et la Bellucci, tourné pendant quatre ans (!), pressenti à chaque Festival de Cannes et montré en loucedé à la Mostra de Venise. Le sortir à la faveur de l’été entre deux blockbusters dit à quel point le film gagne à ne pas être vu. Même si les clairvoyants Yann Moix et Vanessa Burggraf ont qualifié le naveton de «chef-d’œuvre» et de «un des meilleurs films vus dans leur vie» devant Monica lors du talk-show de Ruquier. Précisons aux imprudents que ce nanar romantique en pleine guerre des Balkans dure un poil plus de deux heures et qu’il recycle absolument tout le cinéma de Kustu en mode megamix, jusqu’à l’inanité et l’auto-parodie avec pseudo-saccage ambiant, tornades poétiques poétoc frelatées, burlesque oh-oh-oh-ah-ah-ah, fuite ro-cam-bo-lesque, gabegie de visions naïves, personnages pittoresques, animaux de la forêt, mièvrerie dégoulinante. Ou comment peiner à masquer la faiblesse d’une fable hystéro-indigente idéologiquement connotée. Ainsi, pendant ces gesticulations de 2h05, tout sonne hélas très faux: on pourrait à la fois être pour et contre, on est tout le temps contre. Si la Bellucci fait ce qu’elle peut pour sauver les meubles et hurle qué y en a marre d’être belle, Kustu qui a le rôle principal et qui par chance se dirige pour la dernière fois se révèle, lui, mauvais comme un cochon.

