[CRITIQUE] MOI, TONYA de Craig Gillespie

I did a Triple Axel, Bitch. En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, se fait péter les genoux. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

C’est réalisé comme un téléfilm pour mamies (donc avec les pieds) mais c’est souvent drôle. Parce que, si on est d’humeur, on peut s’amuser devant la méga-pétasserie revendiquée de ce biopic consacré à la première patineuse ayant réussi la très technique figure du triple axel. Un humour faisant que l’on ne s’ennuie pas trop d’autant que, non, il n’est pas utile de se passionner pour le patinage artistique (ouf) et/ou pour Surya Bonaly (re-ouf) pour comprendre quelque chose. Premier constat: la Tonya en question est une vraie white trash dont le phrasé populaire, l’attitude virile et les chorégraphies sur du hard rock dépotent dans l’univers policé du patinage artistique. Elle a tout d’un personnage de cinéma américain: bien avant le spectateur de 2018, le public des années 90 a adoré détester cette virtuose, depuis oubliée du patinage artistique, pour son implication dans l’agression d’une de ses concurrentes. Mais avant de nous raconter la simple rivalité entre les deux patineuses qui ne pouvaient pas se saquer, il y a avant tout l’envie de nous dévoiler ce qui grince en coulisses: Tonya ayant dû cravacher comme une dingue pour devenir la meilleure, battue dans la sphère intime par sa mère alcoolo puis par son mari atrabilo. Les témoignages tragicomiques des personnages se succèdent, rythmant les moments clés de la vie de la patineuse. Certains trouveront classique la construction grâce-disgrâce de ce parcours mais elle n’est pas éprouvée pour autant: les exploits sportifs, l’accusation, l’extrême médiatisation du procès et le douloureux désamour du public rappellent bien des revers du sport-spectacle américain. On peut même, en faisant preuve de cynisme, l’élargir à d’autres domaines encore.
Craig Gillespie étant un réalisateur impersonnel (Une fiancée pas comme les autres où Ryan Gosling tombait amoureux d’une poupée; le remake de Friday Night), on se focalisera sur la distribution, dont Allison Janney qui a remporté le Golden Globe du meilleur second rôle pour son impeccable interprétation de sa mère cruelle. Si elle n’a jamais été une super actrice (elle était l’une des plus grandes faiblesses du Loup de Wall Street), Margot Robbie prouve qu’elle sait jouer autre chose que les potiches et ça suffit pour faire le job. De là à mériter une statuette dorée? Euuuuuuuuh, non.

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Date de sortie 21 février 2018 (2h 00min) / De Craig Gillespie / Avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan / Genres Drame, Biopic, Comédie / Nationalité américain[CRITIQUE] MOI, TONYA de Craig Gillespie
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