La Colère d’un homme impatient. Si Jason King (Chadwick Boseman) débarque à Los Angeles, ça n’est ni pour faire du tourisme, ni tenter sa chance pour devenir comédien. Il est venu d’Afrique du sud pour une raison bien précise : retrouver la trace de sa soeur Bianca (Sibongile Mlambo), dont il n’a plus de nouvelles depuis un moment. Cet homme a bien raison d’âtre inquiet, surtout après avoir avoir interrogé l’une de ses voisines, Trish (Natalie Martinez), lui confiant qu’elle était tombée dans la drogue. Peu de temps après, les mauvais pressentiments se confirment: Jacob découvre le cadavre de Bianca, mutilé, à la morgue. Il n’y a guère de doute sur l’origine criminelle du décès. Le deuil laisse rapidement place à la colère, et le visiteur va tout faire pour savoir ce qui s’est réellement passé – quitte à voir ce qu’il ne devrait vraiment, mais vraiment pas. Et se venger coûte que coûte. Et ça va saigner ? Si peu, si peu…
Que justice soit faite. Drôle de cinéaste que Fabrice du Welz, passant d’un classique de l’horreur belgo-française (Calvaire) au thriller mystique (Vinyan), du polar friedkinien malade (Colt 45) à un néo-remake du culte Les Tueurs de la lune de miel (Alléluia). Chacun de ses films est une aventure, un regard sur le genre, même si tout ne se passe pas forcément bien – à l’image de la gestation tumultueuse de Colt 45, véritable cas d’école d’une opposition entre un producteur (en l’espèce, Thomas Langmann) et un cinéaste (qui fut d’ailleurs remplacé, pour les scènes manquantes, par le tâcheron Frédéric Forestier!). Pour son dernier, ce dernier a choisi d’exécuter un pur film de commande aux Etats-Unis, à petit budget et sans immédiate ambition apparente. Le sujet de Message from the King tient en effet en quelques lignes – ce qui, au fond, n’a aucune importance. Au contraire, Fabrice du Welz assume rapidement le côté très conventionnel de ce pur film de vengeance, dans la lignée du cinéma d’exploitation américain des années 70. Il va même jusqu’à imposer le 35 mm pour donner ce grain de pellicule vintage (oui, le 35mm, ça ne nous rajeunit pas…) très particulier, procédé qui pourrait s’avérer chichiteux mais qui s’avère remarquablement tenu par la directrice de la photographie Monika Lanczewska. La simplicité du canevas permet de mieux s’intéresser aux à-côtés : une certaine manière de montrer un L.A. crasseux et guère rupin, une façon de se servir d’une chaîne (pouvant faire très mal), un second couteau patibulaire portant un curieux masque transparent, etc. L’esprit B des familles, avec un soupçon de James Ellroy et de blaxploitation à la Shaft, fonctionne à plein et le contrat s’avère respecté. Le plaisir aurait pu être total si la dynamique générale de Message from the King montait davantage en tension (chut!, on ne dira rien de l’épilogue…) et si les personnages s’avéraient un peu plus complexes (on a connu Alfred Molina plus inspiré). Mais Chadwick Boseman fait le boulot en disciple de Charles Bronson, tout comme le décidément doué Luke Evans – qui nous rappelle qu’il faut toujours se méfier des dentistes…

